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David Le Gac, Le passeur de fil

11 sept.
2 min de lecture



Question broderie, il est intarissable. À Brest, David Le Gac transmet un savoir-faire ancestral pour faire vivre tout un patrimoine. Dans cette aventure créative, l’important n’est pas la destination, c’est le voyage.  


Passer des heures sur un costume breton ancien pour déchiffrer le point, peu importe s’il en faudra plus encore. Comme un travail d’archéologue sur les traces d’un passé enfoui qui ressurgit en surface… Ces points, David Le Gac en connaît peut-être quelques dizaines… ou centaines… « Ça fait presque 30 ans que je suis dans la broderie. Je sais bien que je n’en ferai pas le tour », se résout-il. « Il ne faudrait pas qu’un jour cette chaîne-là soit cassée de nouveau. On peut encore perdre ce qu’on avait retrouvé. » Le brodeur a bien conscience du besoin de transmission. « En donnant des cours, tu as forcément cette fonction-là. Je suis un passeur.» Et comme si le patrimoine breton n’était pas assez vaste, il s’intéresse aux savoir-faire suisses, allemands… Certes, il faudrait une bible pour répertorier toutes les techniques et les influences, lieu par lieu, époque par époque. « Mon cerveau, je crois, est formaté broderie. Quand je prends un fil, je ne me pose plus la question de comment on fait, ça revient tout de suite. » La bible porte alors peut-être un nom, dans un atelier discrètement niché dans une petite rue du port à Brest. Là où les marins ramenaient jadis des trésors de tissus, de perles et autres pépites venues de très loin.


“On ne doit jamais se dire qu'il faut faire vite. Ce que vous faites, faites-le à la perfection.”

D’où vient l’envie de broder ? De cette grand-mère qui portait la coiffe ? De ces costumes qui le fascinent tant ? Elle est sans doute déjà bien ancrée, avant même de partir travailler en Allemagne, une route dont il va dévier pour venir se former auprès d’un certain Pascal Jaouen, le brodeur quimpérois avec qui il collaborera plusieurs années pour développer une école et contribuer à la première collection de vêtements issus des costumes traditionnels. Depuis 2006, l’aventure se poursuit en solo, il donne des cours à Brest et à Plouigneau, sans délaisser les créations personnelles. « Il faut pratiquer. Sinon, les doigts me démangent de toute façon. » Pour celui qui se voit comme un artisan plutôt qu’un artiste, le temps n’existe pas : « On ne doit jamais se dire qu’il faut faire vite. Ce que vous faites, faites-le à la perfection. » Dans cet atelier aux allures de brocante, l’échange et la convivialité priment. Un certain goût d’autrefois, un temps d’avance pour embellir le monde certainement.  


Facebook L’atelier de David - broderies


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