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Juste Shani : “Il n’y a pas qu’une façon d’être rappeuse”

15 sept.
3 min de lecture


Texte / Matthieu Chauveau * Photo / © Pierre Daschier Publié dans le magazine Kostar n°102 - octobre-novembre 2026


Vous êtes quelqu’un de stylé, depuis quand faites-vous attention à votre look ?

Depuis la 5e, au collège. J’avais un look très hip-hop, je voulais m’affirmer dans la culture afro-américaine. Baggy, Converse montantes, chaînes… j’étais vraiment dans ce délire. Dans mon collège privé catholique du 92, ce look détonnait un peu !


Pensez-vous avoir le costume de l’emploi de rappeuse ?  

Physiquement oui, parce que quand j’ai commencé le rap, forcément, j’ai affiné ma DA (direction artistique). Mais j’essaie de montrer qu’il n’y a pas qu’une façon d’être rappeuse ou rappeur, que tu ne dois pas obligatoirement venir de la rue pour faire du rap.


Comment choisissez-vous votre costume de scène ?  

Depuis quelques mois, je me suis rapprochée d’une créatrice de mode, Jeanne Friot. Elle est très forte. On a dessiné une tenue unique, ce qui fait que maintenant, j’ai vraiment ma signature sur scène. Un haut moulant et un bas très évasé. Ça dessine une silhouette que j’aime bien. 


Quel rapport entretenez-vous avec la mode ?  

J’aime bien le résultat : être bien sapée. Mais je ne suis pas trop forte pour chiner moi-même, connaître les pièces du moment, ce qui va avec quoi… Je préfère faire confiance aux gens dont c’est le métier.


Pensez-vous être à la mode ?  

Quand j’ai commencé la musique, je cherchais sans doute beaucoup à être à la mode, en regardant ce qui se faisait. Maintenant, je préfère m’entourer de stylistes pour créer ma propre identité visuelle.


Être à la mode, c’est quoi pour vous ?  

J’aime pas trop cette expression. Ça évoque suivre les tendances, or il faut aussi à un moment se les approprier. Que ça te plaise vraiment à toi. 


“Être soi-même et arriver à ne pas se soucier du regard des autres.”

Avez-vous déjà retourné votre veste, par exemple en abandonnant le marketing pour le rap ?  

En fait, je faisais les deux en même temps ! Je travaillais dans une start-up en journée et, le soir, je faisais des open mics… Parfois, des journalistes venaient dans mon bureau entre midi et deux pour m’interviewer ! Ça a donc été très naturel d’arrêter pour me consacrer à 100 % à la musique (sourire).


Avez-vous déjà pris des vestes ?  

Oui bien sûr, comme tout le monde, que ce soit dans la vie perso ou dans le travail. C’est normal, ce serait trop facile sinon.


Vous n’avez pas pris de veste avec Orelsan, qui vous a invitée sur le remix de Boss…  

On ne se connaissait pas personnellement et c’est lui qui m’a invitée. On a fait le fameux cypher (session de rap en cercle) sur sa chaîne YouTube avec que des rappeuses, et j’ai fait un freestyle sur son instru. Ça a grave marché sur les réseaux sociaux, beaucoup de meufs se sont reconnues dans mon POV (point de vue) je crois. Orel a donc décidé de sortir le remix du morceau avec ma voix !


Qu’y a-t-il dans votre valise quand vous partez en tournée ? 

Ma tenue de scène, avec de grosses bottes rouges Jeanne Friot, ma jupe et mon top rouge. Je suis en full rouge sur scène !


À qui voudriez-vous tailler un costard ?  

Aux mascus et aux fachos qui se précipitent dans les commentaires de certaines de mes vidéos. Pour le cypher avec Orel, il y en a eu beaucoup vu qu’on est que des filles, avec plein de couleurs de peau différentes… 


Quel est le comble du chic ?  

Être soi-même et arriver à ne pas se soucier du regard des autres. Quel que soit le style, réussir à l’assumer. 


Le comble du mauvais goût ?  

Les jeans slim en 2026, je peux plus ! Je sais pas ce qui nous a pris dans les années 2000 (rire)… Moi aussi j’en ai porté, au collège, entre deux baggy. 


Votre premier tee-shirt de groupe ?  

Sexion d’Assaut, un des premiers groupes dont j’ai été vraiment fan. J’avais acheté leur tee-shirt au merch après un concert. J’avais pris une claque. 


Festival Baisers Iodés, Nouvelle Vague, Saint-Malo, 26 septembre.

RavePark, Rennes, 2 octobre.

LeVip, Saint-Nazaire, 5 novembre.

Stereolux, Nantes, 11 décembre.




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