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Pierre Lapointe : “Quelqu’un qui ose porter ce dont il a envie, ça ne peut pas être de mauvais goût.”

  • 28 mars
  • 3 min de lecture


Texte / Patrick Thibault * Photo / © Kelly Jacob Publié dans le magazine Kostar n°100 - avril-juin 2026


Vous êtes quelqu’un de stylé, depuis quand faites-vous attention à ton look ?   

Depuis le début de ma carrière. Les tendances, je n’en ai pas grand-chose à faire mais ce qui m’intéresse, c’est de porter le travail d’un créateur, de voir comment les formes d’art se parlent entre elles. J’y réfléchis, c’est un message qu’on envoie et j’aime jouer avec ça.


Comment choisissez-vous votre costume de scène ? 

Je suis souvent en noir avec une coupe très singulière. Je garde le côté plus excentrique pour les télés. Je veux être parfois très excentrique et parfois pas du tout. Ne pas tomber dans le ridicule et être une sorte de clown.


Pensez-vous avoir le costume de l’emploi ?  

J’ai compris assez vite que la scène est un espace où on se devait de faire des choses qu’on ne fait pas dans la vraie vie. Félix Leclerc disait qu’on est là pour faire rêver les gens et j’ai pris ça très au sérieux. Le vêtement fait partie de cette façon de s’assumer et c’est une façon de parler autrement que par les mots. 


Quel rapport entretenez-vous avec la mode ? 

J’ai toujours été intéressé. Enfant, je suis tombé sur des revues des années 60 avec Courrèges, Yves Saint Laurent. Un de mes premiers chocs, c’est la robe Mondrian d’YSL. J’ai fait le lien avec le logo L’Oréal, avec des gens d’avant-garde assimilés par la culture pop. C’est passé par la musique : Beck, Björk habillée par tout le monde et Alexander McQueen. Des looks assez fous…


“La mode, c’est pas tellement intéressant mais le style, c’est autre chose.”

Pensez-vous être à la mode ?   

Je suis conscient de tout ce qui est à la mode mais mon dernier album, intitulé 10 chansons démodées pour ceux qui n’ont pas le cœur abîmé, est un pied de nez à ça. Autant d’un point de vue artistique que stylistique, j’écris de la chanson d’une autre époque.


Être à la mode, c’est quoi pour vous ? 

La mode, c’est pas tellement intéressant mais le style, c’est autre chose. C’est une façon de comprendre ce qu’on dégage. Il faut une grande franchise, une volonté de s’assumer et ne pas jouer à autre chose que ce qu’on est. Ça n’est pas une question d’argent. Il faut trouver sa ligne directrice. David Bowie est un bon exemple : il a compris son corps et suivi son âge.


Avez-vous déjà retourné votre veste ? 

Oui et j’assume. Je ne pensais jamais être prof à la Star Academy et coach à The Voice et j’ai adoré. En France, il y a beaucoup de snobisme. Chez nous, je suis à la fois un chanteur intello et très pop. La vraie expression de ce que tout artiste devrait être : intéressé, intrigué, au-delà de tous les préjugés qu’on peut avoir.


Qu’y a-t-il dans votre valise quand vous partez en tournée ?  

Deux ensembles de scène, des vêtements de vie de tous les jours et mes vêtements de sport. Quand je pars en tournée, j’ai toujours plus de valises que quand je pars en vacances. Je ne voyage pas léger.


Quel est le comble du chic ?   

La gentillesse. Les gens qui ont vraiment de la culture doivent avoir le cœur sur la main et être toujours curieux de l’autre. Pour moi, c’est ça être chic.


Le comble du mauvais goût ?   

Y’en a pas ! Tout est drôle, tout est intéressant. Quelqu’un qui ose porter ce dont il a envie, ça ne peut pas être de mauvais goût. On m’a dit : « Tu portes des chaussettes de laine dans des Crocs, c’est moche », j’ai répondu : « Ta gueule ». On s’est rendu compte que chez les Japonais, les chaussettes sont dans les sandales depuis toujours. Chez nous, au Québec, tout est possible.


Quelle personnalité voudriez-vous relooker ? 

Je n’ai pas envie de jouer à ça. Mais si je pouvais, j’irais à Las Vegas dans les entrepôts de Céline Dion pour voir les pièces qu’elle a. Il paraît que c’est complètement fou. J’aimerais l’entendre parler de ce qu’elle porte.


Qui rêveriez-vous de déshabiller ? 

Plusieurs personnes mais je ne crois pas que ce soit des gens connus. C’est hyper charmant de voir comment les gens portent le vêtement. Pour moi, la beauté, c’est pas nécessairement un corps, c’est aussi un regard et une façon de bouger dans son corps.  


Le MeM, Rennes, 7 mai.

Album 10 chansons démodées pour ceux qui n’ont pas le cœur abîmé, disponible.





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