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Richard Dumas, arrêt sur images

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  • 21 janv.
  • 4 min de lecture

© Richard Dumas by June Dumas
© Richard Dumas by June Dumas

Texte / Fabienne Ollivier * Photos / © Richard Dumas - agence VU' Publié dans le magazine Kostar n°99 - février-mars 2026


À l’occasion du Glaz Festival – Rencontres internationales de la Photographie de Rennes et du Festival Travelling Los Angeles, le photographe Richard Dumas est à l’honneur. À travers l’exposition 24 Images – 24 portraits de cinéma, à Betton, il rend hommage au 7e art avec quelques pépites de son immense collection. Aux Champs Libres, il présente les lieux de tournage mythiques de Mullholland Drive, révélés par David Lynch lui-même.


Figure majeure de l'argentique, Richard Dumas capture l'âme des artistes avec une élégance rare. Installé à Rennes, la ville où il a côtoyé Marquis de Sade ou Étienne Daho, son nom résonne avec des pochettes d'albums cultes, comme Boire de Miossec ou L'Imprudence de Bashung. En photographiant Keith Richards, Miles Davis, Lou Reed, Patti Smith et tant d'autres, il a su marquer de son empreinte l'histoire visuelle de la musique française et internationale. Son talent s'exprime aussi dans la presse : Rock & Folk, Le Monde, Télérama ou Libération. Adepte du clair-obscur et de la sobriété, Dumas ne cherche pas la pose, mais l'instant de vérité. On a tous, même sans le savoir, croisé l'un de ses clichés habités. Aujourd'hui, son regard continue d'irriguer notre imaginaire collectif, transformant chaque portrait en une rencontre intemporelle, entre ombre et lumière.   Parlons cinéma, Richard Dumas y voit une différence fondamentale avec la photographie. Si l'image fixe a une existence matérielle, les 24 images de l'image animée créent, quant à elles, « une bien éphémère seconde, chassée par une autre », pour un art abstrait qui n'existerait que dans ce que le cerveau des spectateurs en fait. Si le photographe rennais a choisi de suspendre le temps avec son Rolleiflex, le septième art est pour lui un exutoire. Il est « la chambre obscure où l’on projette des films, un endroit qui m’a permis dès l’adolescence de m’extraire de la société pour mieux la cerner et m’y projeter. Un véritable refuge qui approfondit la vision du monde », écrit-il sur le site de l'agence Vu’ en avril 2025. 

 

La force du clair-obscur

Tout naturellement, cette inspiration vient en surimpression sur son travail photographique, avec cette force du clair-obscur, cette lumière sculptante comme dans l'expressionnisme allemand qu'il affectionne. Le noir et blanc qu'il privilégie souvent pour ses portraits, accentue l'expressivité des personnages qu'il insère dans son cadre carré. À La Confluence à Betton, en partenariat avec le Glaz Festival, l'exposition 24 Images – 24 portraits de cinéma offre la possibilité de voir en grand format le rapport intense qu'il entretient donc avec ce 7 e art. David Lynch, Clint Eastwood, Jean-Luc Godard, David Cronenberg ou Leos Carax se révèlent à travers l'objectif du photographe qui, le temps d'une pose, a su transformer ces maîtres du mouvement en icônes de papier.   À l’occasion du festival Travelling, dont la ville invitée est Los Angeles, Richard Dumas présente, aux Champs Libres, une série de photos inédites des lieux de tournage mythiques de Mullholland Drive, révélés par David Lynch lui-même. Le cinéaste habitait en contrebas. Los Angeles était sa ville, celle qu’il sublimait à l’écran. 


24 Images – 24 portraits de cinéma, Richard Dumas, Glaz Festival – Rencontres internationales de la Photographie, Galerie de l'Illet, La Confluence, Betton, jusqu'au 1er mars.

On Mulholland Drive, Richard Dumas, dans le cadre de Travelling Los Angeles, Les Champs Libres, Rennes, 10 février au 31 mars.



Jean-Luc Godard, 1998 © Richard Dumas

Miles Davis, 1989 © Richard Dumas

Leos Carax, 2012 © Richard Dumas



Richard Dumas

Interview rafale


Interview / Fabienne Ollivier * Photo / © Richard Dumas by June Dumas


Quelle a été votre première photo en tant que professionnel ?  

Je pense que c'est Patti Smith en 1991-1992.


Le portrait le plus marquant ? 

C'est Keith Richards noyé dans la fumée, un des musiciens que j'admire le plus. Les Rolling Stones ont été très importants dans ma jeunesse. 


Le portrait le plus galère ?  

En 92 à Cannes, je dois réaliser un portrait de Kevin Costner. Je commence ma séance photo… Dans mon cadre, je vois une main qui l’attrape, c'est l'attaché de presse qui me dit qu'il y a une urgence et qu'il revient dans 5 minutes... Et je ne l'ai jamais revu, j'ai eu le temps de ne prendre qu'une photo.


La photo que vous auriez aimé faire mais que vous n'avez pas pu ?  

Iggy Pop ! J'ai entendu mon réveil, je l'ai éteint et je me suis rendormi. J'ai eu plusieurs ratages avec lui, pas une histoire de réveil à chaque fois et pas toujours de ma faute...


Votre dernière photo ?  

Le dernier portrait que j'ai fait c'est Tony Leung Chiu-wai, hier à Paris. 


Qu'est-ce qu'une bonne photo selon vous ?  

C'est quelque chose d'inépuisable, qui nous pose des questions tout le temps. Un photographe anglais, Mick Rock, disait : une bonne photo c'est comme un bon 45 tours, quand il arrive à la fin, vous avez juste envie de le remettre au début. 


“Une bonne photo, C'est quelque chose d'inépuisable, qui nous pose des questions tout le temps.”

Si vous ne deviez garder qu'une image pour définir « un portrait Richard Dumas », laquelle choisiriez-vous ?  

Celle de Bashung pour l'album L'imprudence...


Musique ou cinéma ?  

Je ne choisis pas. Sur une île déserte, je serai obligé de choisir la musique parce qu'il n'y a pas de cinéma. 


Une bande-son qui collerait à votre travail ? 

Dans la chambre noire, j'écoute beaucoup la Symphonie n° 1 '1959' d'Henryk Górecki, un compositeur polonais des années 50. 


Et dans la vie de tous les jours ?  

L'album inusable, c'est l'album des Rolling Stones Exile on Main Street


Un film que vous avez vu des dizaines de fois ?  

Plus que des dizaines, il y en a deux : Vertigo de Hitchcock, et Blow up d'Antonioni.


Pourquoi vous installer à Rennes alors que vous travaillez à l'international ?  

Je suis né à Paris mais mon père est venu pour le travail à Rennes quand j'avais 9 ans... Je suis un Rennais de cœur !­  


Documentaire à voir sur Youtube "S'il n'en restait qu'une" Richard Dumas par Amaury Voslion


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