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Alors on danse !


Texte / Patrick Thibault * Photo / Waterproof / 1ere Mondiale © Amelie Ferrand

Publié dans le magazine Kostar n°68 - décembre 2019-janvier 2020


Dans le sillage de Trajectoires à Nantes et DañsFabrik à Brest, Rennes crée Waterproof, un festival de danse qui réunit les forces vives engagées autour de la promotion de la danse contemporaine. Si l’on y ajoute ICI Danse à Angers, Ici à Saint-Brieuc et HIP-OPsession à Nantes, c’est tout le grand Ouest qui est irrigué par la danse cet hiver.

Trajectoires / Vague interieur vague / lieu unique © SGressin

Peut-être s’agit-il simplement de hasards de calendrier ? S’il n’est pas permis d’établir de lien entre la discipline danse et l’hiver, on peut se dire que celle-ci se renforce lorsque la saison culturelle est en pleine effervescence. La présence de la danse contemporaine sera donc ici très forte, entre janvier et mars, à travers une succession de festivals et on ne s’en plaindra pas.

La création de ces temps forts correspond à la volonté de mettre en lumière un axe de programmation qui se développe et fédère. Au Grand T, à Nantes, Catherine Blondeau ajoute un spectacle de danse chaque année. La danse contemporaine se renforce partout et le public est au rendez-vous. Sans doute le secteur a-t-il bénéficié de sa capacité à fédérer les spectateurs en mêlant tous les styles. Le hip hop, par exemple, a pris toute sa place dans la danse contemporaine. Son rôle dans le renouvellement du public est considérable. Il a amené dans les salles les jeunes et les enfants mais aussi des publics qui étaient jusqu’ici éloignés du spectacle.


Les ateliers, répétitions publiques, ont fait de la danse une des disciplines les plus accessibles en même temps que la pratique amateur se développait.

C’est comme si la danse contemporaine avait fait sa révolution. Les centres chorégraphiques se sont ouverts à d’autres esthétiques. L’arrivée du Collectif FAIR-E au CCNRB à Rennes – dont les directeurs sont tous issus du mouvement hip hop – est un signe d’ouverture et de décloisonnement fort. À Nantes, Ambra Senatore a eu à cœur dès son arrivée au CCNN de sortir des murs. Et si certains ont pu sourire en la voyant investir le populaire marché de la Petite Hollande, le samedi matin, il y avait la volonté de dire que la danse contemporaine avait sa place partout, et bien sûr dans la rue.

Les centres chorégraphiques, à Angers, Nantes et Rennes, mais aussi les autres scènes et les compagnies ont beaucoup travaillé à faire entrer les publics dans la danse. On se souvient à Rennes des parades de Fous de danse de Boris Charmatz. Les ateliers, répétitions publiques, ont fait de la danse une des disciplines les plus accessibles en même temps que la pratique amateur se développait.

À Rennes, le Triangle Cité de la danse est une structure pionnière qui mène une politique exemplaire en faveur de la danse contemporaine. Installée au cœur des cités du Blosne, la salle permet une mixité exceptionnelle des publics. Charles-Édouard Fichet, son directeur, insiste sur l’ambition du festival Waterproof. « Il y a un désir d’événement qui renforce le soutien à la forme artistique danse. Nous devons poser la question de la danse aujourd’hui et demain. Et surtout éviter de tomber dans les découpages et avoir une ligne qui parle à tous les publics. » Alors, on danse !


Trajectoires, Nantes, 10 au 19 janvier.

Waterproof, Rennes, 28 janvier au 13 février.

Ici, La Passerelle, Saint-Brieuc, 12 au 19 février.

ICI DANSE, Angers et 49, 28 janvier au 8 février.

DañsFabrik, Brest, 2 au 7 mars.




Illustration
© Elly Olman

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