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Carte blanche : La compagnie du bon goût, par Théo Mercier



Texte / Marie Groneau * Photos / Erwan Fichou / Courtesy galerie Gabrielle Maubrie Publié dans le magazine Kostar n°35 - avril-mai 2013


Pour Kostar, Théo Mercier a sélectionné un ensemble de pièces tiré de son exposition, Le Grand Mess, actuellement présentée au lieu unique. Explorant la frontière ténue qui sépare les objets usuels des œuvres d’art, il a choisi de créer un véritable jeu de pistes parmi eux questionnant leur identité, leur fonction, révélant leur nature trompeuse et farceuse.



© Erwan Fichou

« Tout est question de regard et non de savoir-faire. Je me suis longtemps senti obligé de fabriquer des choses pour les considérer comme une œuvre d’art ». C’est donc l’une des première fois que l’artiste se sent réellement autorisé à utiliser, aussi franchement, ces objets manufacturés, mugs aux anses turgescentes et autres briquets ithyphalliques made in China. Théo Mercier les détourne, les associe et les mets en dialogue avec des pièces uniques. Ces multiples typologies d’objets, il les aligne sur le même rang et les ordonne dans un rayonnage d’où émerge, finalement, une cohérence surprenante et un renversement de significations.


“J’aime les objets qui sont les propres symboles de ce qu’ils représentent, qui sont très archétypaux.”

À l’instar de ces mugs plus si sexy, l’exposition se pare d’éléments hétéroclites qui, réunis et mis en scène, s’ouvrent à des lectures inattendues. Ainsi, Théo Mercier aborde subtilement la notion d’exotisme : « C’est la conjonction d’un fantasme d’un ailleurs et de l’industrialisation (…), la volonté de donner une dimension exotique à la banalité ».

Le cliché fait partie de ses terrains de jeux. « J’aime les objets qui sont les propres symboles de ce qu’ils représentent, qui sont très archétypaux. L’idée de lieu commun m’intéresse, elle est très présente dans mon travail ». Manipulant les cultures populaires, Mercier crée des objets composites, dans leur nature comme dans leur origine où le fake et le kitsch interrogent le pittoresque autant que le magique.


Le Grand Mess, jusqu’au 28 avril 2013, le lieu unique, Nantes. www.lelieuunique.com