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Carte blanche : Welcome To My World, par Daniel Johnston



Texte / Arnaud Bénureau * Dessins Daniel Johnston Publié dans le magazine Kostar n°30 - avril-mai 2012


L’exposition événement consacrée à Daniel Johnston a été pensée, imaginée et rendue possible grâce à l’étroite collaboration que le lieu unique et la galerie nomade Arts Factory entretiennent. Welcome To My World est une occasion rare de revenir, à travers une centaine de dessins originaux et des pièces provenant de différentes collections, sur un artiste total et majeur de la scène indé américaine.


J’ai découvert Daniel Johnston par hasard. À cette époque, le franc était d’actualité et SoundCloud pas encore une réalité. C’est dans une médiathèque de l’agglo nantaise que j’ai emprunté et ensuite gravé le double album de Yo La Tengo, Genius + Love. Le dernier morceau du premier disque s’appelait Speeding Motorcycle. Le groupe américain était dans un studio de radio. Et celui que je ne connaissais pas encore, au téléphone.

Speeding Motorcycle a causé la perte de la touche “repeat” de ma chaîne Hi-Fi Sony, tant ce morceau je l’ai écouté. Sans jamais m’en lasser. C’était tout ce que j’aimais, et que j’aime encore, dans la musique. Simple, addictif, mélancolique, sincère, limite lo-fi, touchant… C’est beau, tout simplement !


“Un peu comme si la famille Marvel avait été bercée trop près du mur.”

Dès lors, j’ai voulu tout savoir, tout avoir, même ses projets les plus obscurs comme Hyperjinx Tricyle. J’ai même accroché une photo de lui dans ma cuisine, acheté un ticket pour un concert parisien auquel je ne suis même pas allé, été voir sur Google Images que Kurt Cobain portait bien le tee-shirt Hi, how are you ? lors des MTV Awards 1992, feuilleté son cahier de dessins édité par Arts Factory et même décidé d’écrire ce papier. N’importe quoi ! Comme si j’y connaissais quelque chose à l’art contemporain. Mais, ses dessins, car Daniel Johnston est aussi dessinateur, me parlent. Enfin il me semble. Ils passent le rêve américain et les super-héros qui vont avec à la moulinette de l’enfance et de ses fantômes. Un peu comme si la famille Marvel avait été bercée trop près du mur. Le monde de ce “ghost poet” ressemble à celui dans lequel on vit. Il est un peu malade, jamais parfait, mais toujours honnête.