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Jacques Couturier Organisation, fire walk with me



Texte / Matthieu Chauveau * Photo / Carl Desjardins - Jacques Couturier Organisation Publié dans le magazine Kostar n°56 - été 2017


Dans sa petite commune de Saint-Florent-des-Bois, en Vendée, la société familiale Jacques Couturier Organisation élève, depuis bientôt trente ans, le spectacle pyrotechnique au rang d’art majeur.

« Oh, la belle bleue… Oh, la belle rouge… » S’il est un art qui convoque des plaisirs simples (celui de s’en prendre, littéralement, plein les yeux), c’est bien le feu d’artifice. Depuis sa création, JCO prolonge cette tradition vieille de quelque 1400 ans (plus ancienne que les armes à feu…), tout en la réinventant. Raconter des histoires, voilà ce qui intéressait en premier lieu Jacques Couturier quand il mettait un terme à sa carrière d’instituteur pour se lancer dans la pyrotechnie en 1988 ; et qui est toujours au centre des préoccupations de Joseph, son fils, aujourd’hui directeur artistique. Une approche originale de la pyrotechnie célébrée jusqu’à Liuyang en Chine, où la société remportait, en 2007, le Grand Prix. Une première pour un pays étranger ! « Ce dont je suis le plus fier, ce n’est pas d’avoir gagné mais d’avoir planté une graine là-bas, avec notre spectacle inspiré de La petite sirène. Avant, les Chinois ne racontaient pas d’histoires dans leurs spectacles. Depuis, ils s’y mettent », s’enthousiasme Joseph Couturier.


Kandinsky dans les airs

En 2011, c’est au tour du Petit Prince d’être transposé en pyrotechnie – et en projection vidéo –, cette fois-ci sur la Grande Arche de La Défense. Autre innovation : le « pyro-DJ ». Depuis quelques années, Joseph Couturier monte sur scène et lance ses feux comme un DJ ses tracks, échangeant en direct avec des musiciens de renom (Maceo Parker, Les Brigitte…). Mais, chez JCO, on sait aussi revenir aux sources. Le feu d’artifice est un art qui parfois se suffit à lui-même, ce qui n’empêche pas le spectacle de revêtir une dimension hautement artistique, créative, à l’image de l’homme qui le dessine. Avant d’intégrer l’entreprise familiale, Couturier fils a tâté du cinéma, du théâtre ou encore du spectacle de clown (sous l’égide notamment de Philippe Léotard). Logiquement, il cite plus volontiers en référence Kandinsky que les formules chimiques nécessaires à la fabrication de telle comète scintillante : « Le feu d’artifice est une harmonie mentale qui lie différents arts par une nécessité intérieure. On projette des images en mouvement, comme au cinéma. On combine des couleurs et des formes, comme en peinture. Il y a aussi de la danse et de l’architecture. On compose sur la profondeur de champ, sur les hauteurs. Sans oublier la musique, essentielle… »

Au-delà de toute considération théorique sur l’esthétique, c’est cependant toujours l’expérience qui prime. « Ce qu’on retient d’un feu d’artifice, c’est une émotion plus que des images. Un moment passé avec sa famille, ses amis. Un moment populaire aussi, en général offert, qui réunit toutes les catégories sociales. » Et d’ajouter, plus grave : « C’est le symbole même de la liberté. Les terroristes l’ont bien compris l’an dernier, en s’y attaquant à Nice… ». Suite à l’événement, Joseph Couturier n’a d’ailleurs pas hésité une seconde à appeler, par solidarité, l’entreprise concurrente qui donnait le feu. « Ça aurait pu être nous, on a fait plusieurs fois le 14 juillet là-bas. » Et pour cause, chaque année, pas moins d’une centaine de feux sont tirés par JCO à l’occasion de la fête nationale dans toute la France.


5 dates


1988 création de l’entreprise par Jacques Couturier

1996 1er prix au Concours international de Monaco

2000 Nouveau millénaire au Brésil

2011 Mariage du Prince Albert II de Monaco

2017 Centenaire du débarquement américain à Saint-Nazaire, le 24 juin

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