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Mathilde & Gomina : Haute Fidélité



Texte / Fabienne Ollivier * Photo / Yves de Orestis pour Kostar Publié dans le magazine Kostar n°78 - décembre 2021-janvier 2022



Paillettes, vinyles, rock n’roll… Et une franche lichée de rigolade ! Le cocktail Mathilde & Gomina (duo de rock 100 % Brest) assure les interplateaux du Hall 3 le samedi soir aux Trans.

« On ne fait plus les mariages ! », prévient-il d’emblée. « Mais si, on en a un en avril ! », rectifie-t-elle… Pour leurs DJ sets, Mathilde et Gomina se sont fait la main aux alentours de Brest. « À Ouessant, on a fait le bal des pompiers, les vœux du maire… » Prendre le bateau, la sono et plusieurs bacs à vinyles sous le bras ? Pas de problème, on embarque !

Bientôt sept ans que ces deux-là se côtoient à la vie comme à la scène et on se demande bien ce que ferait la cité du Ponant sans eux. Elle, c’est Mathilde Vigouroux. Psy de formation, elle est issue de la plus vieille famille ouvrière de l’arsenal. « C’est notre génération qui a cassé la lignée. » Pas complètement si l’on considère qu’elle reste au port, aujourd’hui en charge de la communication de la scène de la Carène. Biberonnée aux concerts punk et à l’electro avec Astropolis, elle est passée par la case café-concert : « J’ai fait mes armes au (feu-)P’tit Minou : prod, régie, billetterie… et nettoyage des toilettes ! »

“Les Trans se sont dit qu’il fallait rendre hommage à Nirvana qui a joué en 91, quoi de mieux que d’inviter Mathilde & Gomina 30 ans après !”

Pas de sous-tâche pour faire vivre la musique ! Une philosophie qui l’amène naturellement à Cédric Fautrel, le Gomina de Fréquence Mutine (103.8 FM !), la radio Ferarock pour laquelle il officie depuis presque une vingtaine. Un véritable touche-à-tout « sur une culture rock voire très rock » ! Manager, régisseur, booker… il est aussi devenu vendeur de disques en commençant à refourguer des albums d’italo disco chiné par erreur. La collection ? « Peut-être 20 000 vinyles… » On le retrouve aussi bénévole chez Emmaüs, toujours dans son domaine.

Jamais très loin du Vauban, avec la fine équipe de l’association Panem Vinum, le duo organise des soirées, peu importe l’étiquette, pourvu que l’énergie déborde ! Ou encore des tournées d‘artistes allant du rock australien à la cumbia rock argentine, et encore... Et puis, ils créent un label et une distro : French Wine Records. Si l’œil perçant de Mathilde tente parfois de canaliser les excès de son acolyte, c’est seulement en façade : « Souvent je ne montre pas mais je suis autant emballée derrière ! » Les Trans dans tout cela ? Pour lui, c’est clair : « Ils se sont dit qu’il fallait rendre hommage à Nirvana qui a joué en 91, quoi de mieux que d’inviter Mathilde & Gomina 30 ans après ! »