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Un été dare d'art

Mis à jour : 22 août 2019


Dossier réalisé par Barbara le Guillou et Patrick Thibault Illustration / Audrey Caron pour Kostar Publié dans le magazine Kostar n°66 - été 2019


L’été est ici une saison parfaite pour l’amateur d’expositions. Comme chaque année, Kostar reprend la route et vous invite à mettre vos pas dans les siens. Signe des temps, les expositions de l’été 2019 sont fortement marquées par les enjeux environnementaux et sociétaux. Les rapports entre l’homme et la nature s’invitent un peu partout et les artistes sont là pour nous éclairer face à l’urgence climatique. La place des artistes femmes, la crise des migrants, les luttes à l’Ouest et autres questions brûlantes se rappellent à nous. Au final, pas une de ces expositions d’été n’oublie de déplacer notre regard. Nous surprendre pour mieux donner à voir la réalité ?



Mauger monumental !

Sémaphores, Vincent Mauger - Pôle Métropolitain Nantes Saint-Nazaire © Franck Tomps

Vincent Mauger est partout. Exposition Strate par strate au Château d’Oiron (79), Résolution des forces en présence à Nantes. Promenade sur terre en compagnie de Christelle Familiari, galerie de Rohan Landernau (jusqu’au 3/11). Mais aussi un parcours de sémaphores conçus et implantés pour observer la Loire à 5 mètres de hauteur entre Nantes et Saint-Nazaire. Voilà qui complète la collection Estuaire à Saint-Herblain, Couëron, Saint-Étienne-de-Montluc, Donges et Saint-Nazaire !


Femmes en pointe

Marta Pan / DR

“Après des siècles de quasi monopole des artistes hommes, la visibilité des artistes femmes au sein des institutions culturelles est devenue un enjeu structurant.” C’est par ces mots que sont présentées cinq expositions des musées et centres d’art bretons qui se mobilisent pour les artistes femmes. Au Musée des beaux-arts de Brest, La vraie vie est ailleurs (27 juin au 5 janvier) se consacre aux femmes artistes, autour de Marta Pan, qui ont quitté leur pays pour tenter l’aventure artistique en France. Figures de l’abstraction, elles révèlent l’importance de la création féminine dans l’art. Exposition féministe, Créatrices-L’émancipation par l’art, au Musée des beaux-arts de Rennes (29/06 au 29/09). All The Gates, La Criée, Rennes (15/06-25/08). Yvonne Jean-Haffen en son musée en compagnie de Raphaëlle Peria, Dinan (jusqu’au 29/09).



Galerie de l'humanité

Domenico Remps, Scarabattolo, seconde moitié du XVIIe siècle, huile sur toile. Avec l'autorisation du Ministère des biens et activités culturelles. Museo dell'Opificio delle Pietre Dure di Firenze.

Après l’extraordinaire exposition consacrée au sculpteur britannique Henry Moore l’été dernier et celle consacrée à Joan Mitchell et Jean-Paul Riopelle cet hiver, le FHEL surprend. L’exposition Cabinets de curiosités réunit des univers bien trempés, peuplés de visions et de collections originales. Entre les arts et la science, le cabinet de curiosité fait désormais partie de l’imaginaire contemporain. On y découvre la vision du Muséum national d’Histoire naturelle, du Musée de la chasse et de la nature, du collectionneur Antoine de Galbert, des artistes Théo Mercier et Miquel Barcelo…

Cabinets de curiosités, FHEL, Landernau, 23 juin au 3 novembre 2019.


Carrément à l'ouest

© Vincent Malassis, Sans titre, 2019

Avec son environnement naturel et son patrimoine, le Finistère multiplie les contrastes. L’offre d’expositions permet, cet été encore, de multiplier les aller-retours entre art contemporain et grandes heures des XIXe et XXe siècles. Après l’exposition du Musée des beaux-arts de Brest consacrée aux femmes artistes autour de Marta Pan, escale à Passerelle qui, sur le créneau de l’art contemporain, réunit comme à son habitude, quatre expositions pour l’été et des médiums radicalement différents : Marcus Jahmal, Vincent Malassis, Maxence Chevreau, Ce sont les îles qui se déplacent. À Huelgoat, la galerie Françoise Livinec prend place tout l’été dans l’École des filles qui accueille aussi les rencontres littéraires L’été des 13 dimanches. Retour au XIXe au Musée de Pont-Aven. Et tout l'été, l’exposition Les derniers impressionistes, le temps de l’intimité prend place au Musée des beaux-arts de Quimper et au Musée départemental breton. Sculpture enfin au Domaine de Trévarez qui reçoit Marc Didou (jusqu’au 13 octobre).



Un jour sans fin

Infinity / DR

Artiste multimédia, la Coréenne HeeWon Lee nous invite à prendre du recul. Il faut donc s’immerger totalement dans l’obscurité et laisser dehors ce qui nous accompagnait en entrant. Trois vidéos sur grand écran, des montages étranges qui magnifient la nature tout en perturbant le spectateur car le temps est distendu. Dans Infinity II, elle a inversé le cours de sa cascade qui s’écoule du bas vers le haut. Avec Infinity IV et V, elle présente une autre cascade gelée et des éléments qui se déchaînent au ralenti. À chaque fois, il s’agit de nous renvoyer à notre propre temporalité face à l’infini de la nature. Après cette escale hypnotique et salutaire, il est temps de prendre un casque pour regarder La Pluie, un court-métrage en réalité virtuelle pour découvrir en apesanteur la médiocrité de l’homme et l’exploitation sexuelle des femmes pendant la Seconde Guerre mondiale.

Memory of time, Les Champs Libres, Rennes, 5 juin au 1er septembre 2019.



Étendards pour la liberté

Teresa Margolles - Nkijak b’ey Pa jun utz laj K’aslemal (Opening Paths to Social Justice), 2012-2015 - courtesy de l'artiste et de la galerie Peter Kilchmann, Zurich

Des cris à la Criée ! Des artistes femmes qui ne demandent pas la permission et qui se sont engagées pour l’émancipation des femmes et aussi le droit à disposer de leurs corps. Huit artistes ou collectifs internationaux dont les œuvres sont des voix, des images, des bannières… qui s’opposent aux institutions. Œuvres de Maja Bajevic, Camille Ducellier, Monique Frydman, Jesse Jones, Navine G. Khan-Dossos, Teresa Margolles et Olivia Plender. L’exposition trouve sa force dans ce qui fait art au-delà du témoignage documentaire. C’est dans cet aspect qu’on peut la rapprocher de Contre-Vents, l’exposition d’été du Grand Café à Saint-Nazaire qui revisite les luttes de l’Ouest ces cinquante dernières années.



Del Mar

Arromanches, 2014 © Marcel Dinahet

Impressionnante exposition de Marcel Dinahet au FRAC Bretagne à Rennes. L’artiste voyageur et plongeur a pour sujet principal le paysage. Et son élément, c’est la mer. Infatigable, il l’a photographiée et filmée partout dans le monde. Sur l’eau et sous l’eau, toutes les images présentées amènent le visiteur à modifier son regard, ouvrant de nouvelles perspectives sur le paysage marin. On fait alors le parallèle avec la passion de l’artiste pour la sculpture qui ressurgit régulièrement dans ses images. Une exposition puissante qui ouvre le champ des possibles et qui, en même temps, nous fait apprécier les ruptures entre les différents espaces du bâtiment d’Odile Decq, ce qui permet d’aborder chaque espace avec un regard neuf.

Marcel Dinahet, sous le vent, FRAC Bretagne, Rennes, 14 juin au 10 novembre 2019.



Battements d'ailes

© collectif Byme

On reprendra avec plaisir la route de Châteaugiron pour découvrir une nouvelle installation dans le cadre exceptionnel du centre d’art. Le collectif Byme installe Nuée, littéralement une nuée de colibris. 500 au total disposés par Fanny Bouchet et Emmanuelle Messier, des artistes qui travaillent sur la répétition. “Accumulation, saturation, foisonnement, amas, collection, multitude, profusion…” Avec eux, le trop plein n’en est pas un et il modifie simplement notre perception de la réalité. Vous découvrirez alors la légende amérindienne du colibri et participerez au vol des oiseaux puisque le déplacement du visiteur crée leur mouvement.

Byme, Nuée, Les 3 Châ, Châteaugiron, 20 juillet au 21 septembre 2019.




United colors

© David Michael Clarke, Madame Orain et le coco paimpolais, 2019

Deux ans de résidence à l’artothèque de Vitré ont amené David Michael Clarke à produire plusieurs expositions. L’artiste d’origine britannique, installé en France, y reproduit sa démarche qui consiste d’abord à créer du lien. Il s’emploie donc à emprunter et reproduire des œuvres existantes dans un univers très pop. Le jeu se poursuit lorsqu’il invite les usagers à se confronter à ses créations. Madame Orain et le coco paimpolais, l’exposition dans la galerie de l’artothèque associe des œuvres du Fonds départemental d’art contemporain. La palette de l’artiste se déploie aussi dans l’espace de prêt de l’artothèque (Chez soi, demain maintenant) ainsi qu’à la médiathèque (Solarium). C’est aussi l’occasion d’éditer un magazine, lui aussi, haut en couleur et l’ensemble ne manque ni d’humour ni d’autodérision.

David Michael Clarke, Artothèque, Vitré, 16 juin au 22 septembre 2019.


Traces de mutations

© Richard Volante

On peut dire de Richard Volante qu’il est un photographe de la mémoire, attaché à l’humain. Traces est le fruit de son travail en résidence sur l’éco quartier ViaSilva à Cesson-Sévigné. En extérieur, l’exposition se déploie et révèle un territoire en pleine mutation, tentant de révéler l’avenir grâce aux traces du passé. Organisée par Les Ailes de Caïus, la double exposition présente aussi les photographies du collectif Les photographes du dimanche, constitué et accompagné par Richard Volante lors de sa résidence à Cesson l’an passé.

Traces, photographies de Richard Volante, Parc de la Chalotais ; Les photographes du dimanche, rue du Chêne Germain, Cesson-Sévigné, 20 juin au 15 septembre 2019.



En perm'à Nantes !

Belvédère de l'Hermitage, Maquette © Tadashi Kawamata - Photo : Jean-Dominique Billaud _ LVAN

Édition après édition, Le Voyage à Nantes s’applique à laisser des traces visibles en ville. L’ouverture du belvédère de Tadashi Kawamata, butte Sainte-Anne, vient ainsi compléter la collection.

Des nids ! Pour célébrer en grandes pompes l’arrivée de son belvédère, Tadashi Kawamata fait des petits. L’auteur du très réussi observatoire de Lavau-sur-Loire (collection Estuaire) multiplie ses nids sur les bâtiments emblématiques et un peu partout en ville. Au risque de banaliser ses interventions qui sont moins spectaculaires que lorsqu’elles prenaient place sur la façade de verre de Beaubourg.

Si l’on se penche sur ce qui a des chances de rester après l’été, il faut se rendre à l’hôtel. Pour visiter les trop belles chambres d’artistes signées Makiko Furuichi à l’Amiral, Justin Weiler à l’Hôtel de France et Karina Bisch sur le toit de la Péniche Le D’O. Mais aussi dans les halls de huit hôtels pour découvrir les hologrammes farceurs de Pierrick Sorin.

Parmi les éphémères, Stéphane Vigny prend position place Royale avec un savant et décalé alignement de copies de sculptures telles qu’on les trouve dans les magasins de décoration de jardin. Un labyrinthe décor, temple du kitsch.

Après son exposition événement à la Collection Lambert à Avignon l’an passé (dont elle signait aussi l’affiche du festival), Claire Tabouret habite véritablement la HAB Galerie. De Los Angeles, où elle vit, elle est allée à San Pedro récupérer des voiles de navires sur lesquelles elle a peint ses personnages si singuliers. Les corps flottent, l’ensemble vibre au gré des courants d’air pour créer une houle sentimentale à laquelle se mêle aussi ses plâtres. À l’évidence, en sortant du cadre, l’œuvre de Claire Tabouret prend du volume.

Un détour s'impose au Rayon Vert où Benoit Rondot aménage son atelier imaginaire. Curiosité assurément.



Transcender le réel

Abraham Poincheval, Gyrovague, le voyage invisible, 2011-2012 © Adagp, Paris 2019 / Cnap / Photo Nicolas Marquet

Il faut prendre l’exposition d’été dans le patio du Musée d’arts de Nantes comme une invitation à parcourir un jardin imaginaire. Dans la lumière de l’été, on partage la vision de sept artistes pluridisciplinaires qui observent et ressentent la nature. À chaque fois, c’est leur sensibilité qui exprime le dialogue qu’ils entretiennent avec la nature comme s’ils étaient en quête de poésie et d’absolu, là où ils sont souvent perturbés par les éléments. Aquarelles de Patrick Neu, boîte qui enferme la nuit de Charbel-Joseph. Boutros, vidéos de Marceline Delbecq et Anne-Charlotte Finel, sculptures de sols de Dominique Ghesquière, témoignages des performances d’Abraham Poincheval et nuages flottants d’Evariste Richer. À n’en pas douter, les artistes sont, dans l’espace et dans le temps, en quête du sensible.

En chemin, Musée d’Arts, Nantes, 28 juin au 25 août 2019.



Abriter l'art

© Eric Tabuchi-Téloché, Pays manceau

Là encore, l’exposition est conçue comme un parcours pour explorer des formes au cœur de l’Atelier. “Contre Forme convoque l’architecture. Les artistes ne sont pas réunis ici pour évoquer un thème mais parce que cet art leur sert de vecteur, de pensée, de pure forme. L’architecture devient un matériau, un dispositif, un langage, une urgence…” À l’arrivée, l’objectif défini consiste à “chercher son chemin dans ce qui nous habite tous”. Des formes imaginées par John Cornu, Claire-Jeanne Jézéquel, Alexis Judic, Lucie Le Bouder… Les photos d’Éric Tabuchi… La peinture d’Eva Nielsen, les aquarelles de Gael Darras… Autant de regards ouverts sur notre manière d’habiter le monde. Ou pas.

Contre Forme, L’Atelier, Nantes, 4 juillet au 25 août 2019.


Lévèque, coup d'éclats !

Claude Leveque / LiFE Human Fly © M. Domage

Ce sera l’un des chocs de l’été. Une véritable décharge explosive provoquée par Claude Lévêque qui, une fois encore, vise juste. Invité à occuper le Life, au cœur de la base sous marine, l’artiste a voulu s’inscrire dans la mémoire du lieu en se rapprochant de sa fonction initiale. Il a pensé aux chambres d’éclatement des bombes qui explosaient avant de toucher le toit. Il installe donc des bouquets de fleurs métalliques conçus à partir de tubes et agencés comme des nœuds explosifs dans l’espace. Entrer dans l’exposition constitue une expérience sensorielle forte pour ne pas dire extrême. Dans l’obscurité, le visiteur se trouve confronté aux flashs et à un son fort et crépitant qui envahit l'espace. Après une réaction de recul naturel, il faut parcourir l’espace, s’approcher des éléments. Déstabilisé et livré à lui-même, le visiteur doit faire la part des choses entre attraction et répulsion. Rien n’est tout blanc ou tout noir et puisqu’il s’agit de résister, l’expérience ne s’arrête pas en sortant de l’expo.

Claude Lévêque, Human Fly, Le Life, Saint-Nazaire, 26 mai au 29 septembre 2019.


Brûlant !

Richard Mosse Incoming, The Curve, Barbican Centre © Tristan Fewings

Voilà encore une exposition d’un artiste engagé qui met en avant un drame contemporain. Il s’agit du sort des migrants traqués par les gouvernements. Richard Mosse, photographe irlandais, nous plonge au cœur d’une installation immersive. Trois écrans côte à côte qui font appel à plusieurs médias et sur lesquels surgissent les visages de ceux qui sont condamnés à fuir. La particularité tient au fait que Richard Mosse utilise appareil photo militaire et caméra thermique qui restituent la chaleur humaine. Plus les réfugiés sont traqués, plus la chaleur est visible et présente à l’écran. Le spectateur découvre médusé le sort tragique des exilés et leur combat quotidien.

Richard Mosse, Incoming, le lieu unique, Nantes, 28 juin au 1er septembre 2019.



Street show

DR

Angers continue d’enrichir son parcours de street art. Trois nouvelles créations jalonnent cette quatrième édition. À l’angle de la rue de la Croix et de la rue Parcheminerie, on retrouve l’Espagnole Nuria Mora qui, avec Abstract Thing, mêle dessin et formes géométriques dans une fresque haute en couleurs. Rue des Cordeliers, on retrouve la palette du Français Jean Moderne, aka RCF1. Jaune, orange, rouge, bleu, blanc et noir ! Enfin, rue de Crimée, l’Espagnol Aryz épate avec ses pastels et ses personnages XXL qui ont du mal à tenir sur 3 niveaux. Ces œuvres s’ajoutent aux précédentes (signées Okuda, Vhils, Arthur-Louis Ignoré, Monsieur Hobz, Tellas, Daniel Muñoz, Hitnes) et pendant tout l’été, on retrouve les panneaux artistiques libres et les visites commentées.

Échappées d’art, Angers.



Illusion textile

Inside, 2006 - Calcaire sculpté © Photographie de Alexandre Production

Le Musée de la mode et du textile de Cholet a choisi de nous surprendre. En effet, pour la première fois, les œuvres ne sont pas forcément textiles. Un peu ou pas du tout ? Car les œuvres sont-elles textiles par la nature des matériaux qui les composent, par ce qu’elles représentent ou par les techniques mises en œuvres ? Bienvenue dans l’antre du trompe-l’œil où l’exposition textile rejoint la sculpture et l’art contemporain tout simplement. On y côtoie le fragile drapé d’une porcelaine ou la dureté d’un oreiller. Les œuvres sont majoritairement signées d’artistes femmes et le questionnement sur la nature des choses est totale. Maintenant, on y réfléchira à deux fois avant de se prononcer !

Faux semblants, Musée du textile et de la mode, Cholet, jusqu’au 22 septembre 2019.


L'art en ce jardin

Frères Chapuisat © David Darrault

L’Abbaye Royale de Fontevraud poursuit son action en faveur de la création contemporaine. Au-delà des œuvres de François Morellet et Claude Lévêque, on découvre cet été de nouvelles œuvres. Tabula Rasa des Frères Chapuisat est une installation sculpturale monumentale qui a pris place sur les hauteurs du petit bois de l’hôtel. Impressionnante, l’œuvre se joue des formes, de l’intérieur et de l’extérieur. Une cabane sur pilotis, source d’interrogation pour le visiteur qui en devient acteur. Les frères Chapuisat interviennent également dans les caves Ackerman à Saumur. François Réau, lui, réinterprète l’histoire de la famille Plantagenêt avec Mirabilia, installation poétique s’il en est dans le chœur de l’église abbatiale. Ces deux nouvelles interventions jouent – elles aussi ! – à merveille avec le lieu et son histoire. Une visite s'impose.

Claude Lévêque, François Morellet, Les Frères Chapuisat, François Réau…, Abbaye Royale, Fontevraud, toute l’année 2019.



Bal de sculptures

Stefan Rinck Carnival © Marc Domage

Avouez qu’une simple sculpture de Stefan Rinck surprend le spectateur et aiguise son regard. De suite, on a envie d’entrer dans son univers pour découvrir ce qui le peuple et l’anime. Ces sculptures en grès semblent sorties de l’époque médiévale, à moins que ça ne soit d’une mythologie ou de l’imaginaire d’un conte. Les références du sculpteur allemand sont nombreuses mais il a une si bonne connaissance de la sculpture qu’il sait parfaitement créer son propre univers. Bienvenue parmi ces animaux étranges, totems fantasmés, disponibles pour un ballet, un défilé ou un carnaval, comme le rappelle le titre de l’exposition. À chacun ensuite d’imaginer la ou les représentations possibles dans cette sarabande de l’humanité.

Stefan Rinck, Carnival, Chapelle du Genêteil, Château-Gontier, 25 mai au 25 août 2019.



Formes et concepts

À partir de matériaux pauvres et bruts, Pascal Jounier Trémelo développe une pratique singulière de la sculpture. Plâtre, béton, ciment, des matériaux du monde du bâtiment, moulent des objets ordinaires. Pour Pontmain, il joue avec les codes de l’architecture de l’Antiquité, notamment la représentation du mouvement et les drapés. Ce qui surprend et séduit, c’est le contraste entre la légèreté et la monumentalité, la matière brute et la forme courbe des sculptures, la beauté qui sort de l’empreinte d’une serpillière… Comme s’il y avait toujours quelque chose de mou, voire de chatoyant sur la matière ferme et brute.

Pascal Jounier Trémelo, Les vacuoles de Vitruve, Centre d’art contemporain, Pontmain, 30 juin au 1er septembre 2019.



Dites-le avec des fleurs

© Bernard Joubert-2013-2012 encyclopedie botanique ensemble de 60 aquarelles sur phototypies - detail

Kerguéhennec ouvre un nouveau chapitre de son histoire. Le Fonds Tal Coat prend place au premier étage du château pour un parcours permanent et enrichi sur 400 m2. Un nouvel espace s'installe dans la partie ouest des écuries. Ce pavillon d’architecture accueille cet été le Coréen Lee Hyun Jae. Intitulée Flora Maxima, l’exposition temporaire d’été réunit des artistes contemporains autour des fleurs. Des fleurs dessinées ou peintes, que l’on reconnait ou pas. Des œuvres de Charles Maussion, Marie-Claude Bugeaud, Marie Joatton, Anne Tastemain, Sylvain Le Corre, Bernard Moninot, Damien Cabanes, Janos Ber, Christine Crozat… qui dessinent un véritable jardin et expriment la puissance du végétal. Haut lieu de la sculpture en Bretagne avec son parcours dans le parc, Kerguéhennec s’ouvre aussi à la danse et à la musique avec divers rendez-vous au cours de la saison et notamment pendant les Journées du patrimoine.

Flora Maxima, Domaine de Kerguéhennec, Bignan, 30 juin au 3 novembre.



Paysages au cœur

Athina IOANNOU, Love Otherwise, huile de lin, tissu coloré, barre de fer, 2018

L’homme et la nature : le thème s’invite volontiers dans les expos du moment et il prend naturellement place dans le parcours L’Art chemin faisant de Pont Scorff. Yolande De Bontridder, commissaire de Paysages de forme invite dix artistes contemporains à investir le patrimoine historique et environnemental. Pour la plupart, ils sont Belges ou travaillent à Bruxelles. Marion Beeraerts, Tatian Wolska, Caroline Le Méhauté, Benoit Maire, Athina Ioannou et Oriol Vilanova revisitent donc les lieux de manière réaliste ou poétique, symbolique ou sociétale. Tandis qu’à l’Atelier d’Estienne, Tinka Pitoors, Benoit Platéus ou Hans op de Beeck révèlent d’autres mondes parallèles.

Paysages de forme, L’Art chemin faisant, Pont-Scorff, 30 juin au 15 septembre.



Conscience humaine

Maia FLORE - ARMONIES - France, Hendaye, September 28, 2016 © Maia Flore / Agence VU' pour Atout France, "Imagine France by the Sea"

Accessible à tous les publics, le Festival Photo La Gacilly se veut toujours foisonnant avec 26 expositions en extérieur cette année. Gros plan sur les photographes de l’Est, avec naturellement les incontounables Josef Koudelka (Invasion – Prague 68), Sergey Prokudin-Gorsky et Alexander Rodchenko (le seul à l’intérieur) mais aussi la nouvelle génération qui a émergé en même temps que l’éclatement de l’empire. Les Restricted areas de Danila Tkachenko, L’esprit slave de Sergey Maximishin, les Paysages urbains d'Alexander Gronsky… Saint-Pétersbourg-la ville des ombres d’Alexey Titarenko ou Vivre dans le grand froid de Elena Chernyshova. Puis Renaissance, la section engagée qui se focalise sur l’environnement avec Les frontières de la paix de Valerio Vincenzo, les Harmonies de Maia Flore ou Tourisme climatique de Marco Zorzanello.

À l’est du nouveau, Festival Photo, La Gacilly, 1er juin au 30 septembre.



Décadrages

Dominique Gauthier - Les provisions pour Cimabue (Varia pour le jaune), 1989, Collection de l’artiste © Rebecca Fanuele

Plein cadre sur les artistes qui émergent au début des années 1980 au MASC des Sables d’Olonne. L’occasion d’une belle réunion d’œuvres de Jean-Michel Alberola à Gérard Traquandi, en passant par Jean-Charles Blais, Philippe Cognée, Robert Combas, Hervé Di Rosa, Gérard Garouste… Des œuvres qui s’inscrivent dans l’abstraction et réinterrogent la forme traditionnelle du tableau. Des œuvres qui dialoguent avec la tradition et qui sont présentées autour de trois thématiques : individu et société, amour et altérité, nature et sacré. Les artistes femmes sont elles plus présentes dans les combles où les aînés ont invité de jeunes artistes pour poursuivre le dialogue démontrant tantôt une filiation tantôt des écarts.



Aux sources des années 80, Eighties & Echoes, Musée de l’Abbaye Sainte-Croix, Les Sables d’Olonne, 9 juin au 22 septembre 2019.



Jeux d'optique

Vue de l'exposition © Fabrice Leroux et AILO

Surprise à Rocheservière au cœur du site Saint-Sauveur. En effet, l’exposition Art & Lumière mêle les vitraux d’Hélène Fortin-Rincé qui prennent particulièrement bien la lumière et les installations de A.I.L.O. (Atelier d’Immersion Lumineuse et Obscure) ! A.I.L.O., que l’on prononce comme “hello”, c’est en réalité Anna-Eva Berge qui expérimente le processus d’interaction entre lumière et obscurité pour créer des volumes. Installations ou sculptures qui utilisent l’acier, les miroirs et font appel au son. Une immersion qui intègre le visiteur dans la lumière et les lignes.

Art & Lumière, Site Saint-Sauveur, Rocheservière, 17 mai au 22 septembre 2019.

Illustration
© Elly Olman

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