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Une ville ailleurs : Quito, par Hervé Maigret



Texte et photos / Hervé Maigret pour Kostar Illustration / Framee pour Kostar Publié dans le magazine Kostar n°52 - octobre-novembre 2016


D’abord danseur au CCNN, Hervé Maigret crée, à 25 ans, sa propre compagnie, ngc25. Depuis 1998, le chorégraphie multiplie les créations, ici et ailleurs. Depuis 5 ans, il travaille avec la Compagnie nationale de danse d’Équateur. C’est peu dire s'il en connaît la capitale comme sa poche.


Quito est sûrement la capitale qui m’a le plus marqué. Au-delà de mon affection pour le pays, j’y ai trouvé deux fondamentaux qui me tiennent à cœur : l’Humain et la Nature.

Quand vous arrivez à Quito, perchée à 2800 m d’altitude, vous ne trouvez pas les tropiques mais la haute montagne ! Encerclée de volcans transperçant les nuages de leurs sommets enneigés au-delà des 5000 m d’altitude, Quito s’étire entre une vallée verdoyante et, de l’autre côté, les volcans Rucu et Quagua Pinchincha, toujours en activité et dans un paysage plus aride.

C’est une ville au double visage, rassurante car perchée aussi haut que nous avons la sensation de toucher le soleil. La ville porte d’ailleurs ce joli nom de Luz de America. Une lumière qui parfois se fait rare tant les nuages accrochent ces sommets. Alors, la ville peut donner une sensation de vertige sinon de danger. Étendue sur plus de 50 km sur à peine 5 en largeur, Quito est tout en reliefs, tout comme les quartiers qui la composent, tous différents les uns des autres. Dans la vallée luxuriante de Tumbacco ou encore de Cumbaya, on vient chercher un peu plus de chaleur que dans le centre et profiter d’un peu d’air pur. Cette mégapole est en effet hyper polluée par le trafic incessant des voitures (pas de contrôle technique, ici) et les bus crachant leurs gaz toxiques au cœur d’une nature qui semble intouchable. Quito est faite de ces oppositions, de cette beauté et de cette anarchie de cultures qui s’entrechoquent.


“Étendue sur plus de 50 km sur à peine 5 en largeur, Quito est tout en reliefs, tout comme les quartiers qui la composent, tous différents les uns des autres.”

Il y a le Quito colonial ou le “vieux” Quito avec la Plaza de la Independencia et le palais du gouvernement. Le Président Raphael Correa y fait un discours chaque semaine en prenant son bain de foule. Autour de la place, les églises coloniales étouffent les ruelles étroites et poussent les touristes vers un endroit hors du temps : la Ronda. Tous les soirs, la rue accueille la musique aux rythmes infernaux de cumbia/salsa et autres musiques latino. Ici se mêlent traditions, badauds et fiesta  le week-end ! On y voit El Panecillo : l’ange victorieux du dragon qui nous invite à monter en haut de cette colline symbole de Quito et des guerres d’indépendance. Le point de vue est superbe et la vue de quatre ou cinq volcans par temps clair fait oublier les touristes de passage.

Plus loin, on rentre dans le Quito moderne, lieu de toutes les rencontres entre les boutiques chics, les vendeurs à la sauvette qui se faufilent dans les bouchons pour vendre tout et n’importe quoi, les joggers qui profitent des allées du magnifique parc de la Carolina. Avec ses larges avenues et ses immeubles récents, on découvre la Mariscal, le quartier préféré des noctambules. J’aime beaucoup la place Foch (!) appelée aussi “plaza del Quinde” avec ses écrans géants au-dessus des bars pour la retransmission des matchs de foot ! Avec ses bistrots et boutiques de tout genre où la faune nocturne envahit le moindre mètre carré.

À ne pas manquer non plus “la capilla del Hombre”, le musée du célèbre artiste Oswaldo Guayasamín, sur une autre hauteur de Quito, dans le bien nommé quartier de Bellavista Alta à côté du Parc Metropolitano. Les œuvres de Guayasamin sont la fierté du pays et son musée au cœur d’une forêt d’eucalyptus offre une balade exceptionnelle.

Quito est une ville riche de rencontres, mélange de traditions andines et d’un modernisme qui a du mal à prendre ses repères au milieu de multiples styles architecturaux. Pourtant, il fait bon vivre tout en haut là-bas.


www.ngc25.com



Tutoyer le ciel...

Imaginez une ville de plus de deux millions d’habitants au niveau du glacier de la Grand Motte. Quito vient de… Quitus, nom d’une ancienne ethnie indienne. La ville s’étire aujourd’hui sur une cinquantaine de kilomètres sur les flancs du Guagua Pinincha. On a le sentiment d’y tutoyer le ciel… et les étoiles.

Y aller

On trouve un vol Air France/KLM au départ de Nantes, via Amsterdam aux environs de 850 € A/R. Au départ de Paris, plusieurs options avec escale obligée : Air France via Amsterdam, American Airlines via Dallas, Iberia via Madrid. Comptez une quinzaine d’heures et de 650 et 850 € A/R.


Y séjourner

Nombreux hôtels, parfois à tout petits prix (25/30€ la nuit !) selon les quartiers. Séjour agréable dans la Mariscal ou près du parc Carolina. Chambre à 50€ la nuit, par exemple, à l’hôtel Vista Amazonas et 100€ dans le superbe Reina Isabel, petit déjeuner compris.


Circuit Kostar

Hervé Maigret ne manque pas de (bonnes) adresses pour passer de bons moments à Quito. Comme “Chez Alain”, une demeure restaurée avec soin, où Alain (forcément !) prépare une excellente cuisine pas chère et organise des soirées à thème qui font salle pleine. Autour de la place Foch, on goûte au “canelason”, vin chaud à base de rhum et de cannelle. Tout près, sur l’avenue du 12 de octubre, se tient un marché artisanal, organisé autour d’un patio. n À voir aussi, le quartier de Guapulo avec ses restaurants perchés sur une pente abrupte où s’agglutinent des maisons typiques sur un dénivelé impressionnant. À défaut d’y loger, on prendra un verre sur la terrasse de l’Hôtel Quito qui offre une vue superbe sur la ville. Et on ira dîner au Café Mosaico pour profiter d’une vue à couper le souffle. n Outre les œuvres de Oswaldo Guayasamín (lire par ailleurs), la Capilla del Hombre présente de belles collections ethniques, en même temps qu’elle offre une superbe vue du volcan Cotopaxi qui, depuis sa dernière éruption, offre une nouvelle forme avec un mont enneigé recouvert de cendres.


Illustration
© Elly Olman

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