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Aloïse Sauvage : “J’aimerais être à ma mode.”


Interview / Patrick Thibault * Photos / Melissa Phulpin (Tomboy-Lab) Publié dans le magazine Kostar n°65 - avril-mai 2019


Vous êtes quelqu'un de stylé, depuis quand faites-vous attention à votre look ?

Il n’y a pas si longtemps et c’est assez naturel. Je faisais du break alors j’avais un jogging dans mon sac : pour danser, c’est facile. J’ai besoin d’être en mouvement alors je suis un peu street wear. J’aime les couleurs et les vieilles vestes de friperie années  90. Maintenant, je peux pousser mon style comme j’en ai envie. Avec une certaine recherche d’élégance et singularité en restant assez naturelle.


Pensez-vous avoir le costume de l’emploi ?

Oui. Je fais une musique un peu urbaine. Je danse, je viens de banlieue. Je suis de cette nouvelle chanson qu’on n’arrive plus trop à caser. Je laisse les gens débattre mais je fais attention à ne pas arriver sur scène en pyjama.


Comment choisissez-vous votre costume de scène ?

Il faut que ça soit pratique. Là, je veux pouvoir changer sans m’enfermer. Sinon on devient Christine and The Queens, Jain ou Stromae même si, lui, il a un style dans lequel il peut évoluer.


Quels rapports entretenez-vous avec la mode ?

Un rapport de plus en plus curieux. Je ne suis pas à l’aise dans les défilés et ne suis pas tentée par la haute couture. Je ne vais pas craquer pour un sac Gucci mais j’ai envie de m’habiller comme j’ai envie qu’on me voit. Je réfléchis à ce que ça signifie. J’aime les petites marques, les ateliers. Avec Cannes l’an passé où j’étais juré pour un prix, j’ai dû m’habiller et j’ai mis un pied dedans.


Si on cherche à être à la mode, on n’a rien compris.

Pensez-vous être à la mode ?

J’aimerais être à ma mode ! Que ça devienne à la mode ou pas, peu m’importe. Dans tous les cas, si on cherche à être à la mode, on n’a rien compris. C’est le piège. Pourtant, on suit tous des tendances, de manière consciente ou inconsciente.


Être à la mode, c’est quoi pour vous ?

Ce rapport à la masse – on plaît à la foule –, ça a des côtés positifs et anxiogènes mais je ne sais pas ce qui est à la mode. Trouver son vêtement, c’est ne pas se sentir déguisé. À mon premier Cannes, j’étais déguisée !


Avez-vous déjà retourné votre veste ?

Jamais. C’est pour ça que j’ai mis du temps. Naïvement, je ne fais pas de la musique pour être vue. Je suis très utopiste.


Quand on est dans une pensée créatrice et persévérante, les choses arrivent.

Avez-vous pris des vestes ?

J’en prends plein des vestes mais j’avance. J’essaie d’aller à la rencontre de moi-même, de me construire. Quand on est dans une pensée créatrice et persévérante, les choses arrivent.


Qu’y a-t-il dans votre valise quand vous partez en tournée ?

Ce dont j’ai besoin, c’est mon casque, mon téléphone, mon ordinateur, un carnet, un livre. C’est dire si mon intérêt pour la mode n’est pas lié au travail.


À qui voudriez-vous tailler un costard ?

À ceux qui se cachent pour critiquer de manière brutale, sans intelligence du propos. C’est souvent violent.


Quel est le comble du chic ?

Quand on ne voit que toi alors que tu es juste toi-même, sans avoir réfléchi. Tu pourrais même lancer une mode. Là, c’est jusqu’au bout des ongles.


Le comble du mauvais goût ?

J’ai un problème avec les cols en V mais ça n’est pas franchement le comble du mauvais goût !


Quelle personnalité voudriez-vous relooker ?

J’ai envie de dire Donald Trump : sa coiffure et ses costards, c’est pas possible ! Mais je le déteste tellement que si c’est le relooker pour le rendre beau, je passe mon tour.


Qui rêveriez-vous de déshabiller ?

Nicolas Huchard : un danseur magnifique qui chorégraphie beaucoup d’artistes. Il a travaillé avec Angèle et il est sur la tournée de Chris.




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