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Amala Dianor, danse ta vie



Texte / Arnaud Bénureau * Photo / Tom Klefstad

Publié dans le magazine Kostar n°34 - février-mars 2013



L’ancien élève du CNDC d’Angers, aujourd’hui chorégraphe qui monte, envisage son art comme un dialogue ininterrompu entre le hip hop et la danse contemporaine.


À la différence du bandit manchot, nul besoin de mettre une pièce pour que la machine s’emballe. Amala Dianor, 36 ans et jeune marié, part au quart de tour. « Je suis arrivé à la danse par Michael Jackson. Je danse depuis que je suis tout petit. Au Sénégal, ça fait partie du quotidien. C’était un réel plaisir que d’aller bouger sur le son des percus ».

À son arrivée à Paris, en 1983, rien ne change. « J’étais toujours fasciné par Michael Jackson et je découvrais le hip hop. Je retrouvais dans ce mouvement l’énergie tonique qui existait au Sénégal ». Ni une ni deux, les gens trouvent qu’Amala est « doué. En CM2, ma maîtresse était tellement emballée qu’elle voulait me payer des cours de danse ». Ici pas de storytelling façon Cosette, de celui qui rythme les pages Wikipédia du moindre joueur de foot qui s’en sort. «Mes parents s’attendaient à ce que je devienne médecin ou avocat. Je suis devenu danseur».


“Je danse depuis que je suis tout petit. Au Sénégal, ça fait partie du quotidien.”

Après une parenthèse savoyarde, c’est à Angers que tout commence. « J’y rejoins mes cousins en 1992. J’y retrouve le hip hop que j’avais perdu en Haute-Savoie. Je suis allé à une audition au CNDC. Ça m’intriguait et ça a marché ».

Ok, mais pour un garçon élevé par Sidney, comment se passe la rencontre avec le monde de la danse contemporaine ? « Je trouvais ça ringard, incompréhensible et dénué de sens. En hip hop, on danse sur la musique. Et pourquoi là, on dansait sans musique ? Je ne connaissais pas ». Malgré tout, c’est là-bas qu’Amala Dianor se (re)trouve. « Dans le hip hop, je me sentais enfermé. J’avais l’impression de tourner en rond. Même musique, mêmes personnes… Je m’ennuyais ».

Aujourd’hui, dans ses pièces, Crossroads et demain Parallèle, il fait « fusionner » les deux danses afin de « trouver un juste milieu entre ces mondes ». Ni trop street ni trop classique. « Je continue de chercher ».

À ce rythme-là, ils seront bientôt nombreux à vouloir visiter son laboratoire.



[Re]connaissance

Initié par La Maison de la Danse et du Pacifique/DCD de Grenoble, ce concours met en avant les nouveaux talents de la danse contemporaine. Amala Dianor, Daniel Linehan et Davy Brun, lauréats 2011, seront sur la scène d’Onyx-La Carrière en février.

Le 19 février 2013, Onyx-La Carrière, Saint-Herblain.

www.onyx-culturel.org