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Benoît Delépine, interview recto/verso



Interview / Arnaud Bénureau * Photos / Tangui Jossic pour Kostar Publié dans le magazine Kostar n°31 - été 2012


Interview recto

Faire un film à quatre mains, ça veut vraiment dire quelque chose ?

Quand on écrit seul, on se dit que les idées sont bonnes. On peut donc rester bloqué sur une soi-disant bonne idée pendant trois ans ; sans se rendre compte que c’est une idée de merde. À deux, on passe rapidement à l’idée suivante. C’est un moteur incroyable.


Avec Le Grand Soir, il y avait l’envie de faire une comédie intelligente ?

Je ne dis pas que c’est le minimum, mais quand même… On a essayé de faire un truc libre en mettant en scène des personnages totalement indépendants. C’est pour cette raison qu’on a choisi ces acteurs. On ne peut pas les forcer à faire quoi que ce soit.


Vos films ont été présentés à Rotterdam, Cannes, Sundance, Berlin… Vous n’auriez pas un peu de bol avec les festivals ?

C’est vrai que c’est dingue. Et encore, vous ne savez pas tout. Avec Aaltra, on a été à Telluride, un festival pour milliardaires aux États-Unis. C’était un truc de fou. Tout le monde était sur le cul. C’était le premier film français sélectionné depuis la création du festival. Et avec Aaltra, Gus et moi avons reçu le prix d’interprétation dans un festival en Corée.


Le chien du Grand Soir ne serait-il pas moins con que celui de The Artist ?

Celui de The Artist, c’est un vrai cabot. Alors que le nôtre, c’est le chien de Benoît. Il est très particulier, voire terrible. C’est un clébard à qui l’on ne peut rien imposer. Et pour tout dire, avec Brigitte Fontaine, c’était l’autre punk du film.



Interview verso

Michael Kael contre la World News Company, c’était pas un peu la lose ?

C’est marrant parce que je l’ai revu il n’y a pas longtemps. Je n’avais jamais osé. Sur le propos, je ne regrette rien. Par contre, mon jeu est catastrophique. Quand au tournage, à côté Lost in La Mancha, c’était que dalle !


Mettre le souk pendant le photocall à Cannes, c’est punk ?

Si ce n’est pas calculé, oui. Albert voulait venir en Fenwick. On lui a dit de laisser tomber. Dès qu’on fait dans la mise en scène, on est ridicule. Alors, lorsqu’on arrive devant ce meuble un peu ridicule qui tient sur quatre parpaings, on part en couille. On ne voulait pas forcément faire les cons. Il se trouve qu’on se sentait bien.


Le plus gros défaut de Gustave ?

Être totalement lumineux et un peu sombre l’instant d’après.


Si Canal Plus a longtemps été la chaîne du foot et du porno, Al Jazeera serait la chaîne de quoi ?

Du foot et de Groland.


Les Guignols de l’info ? C’était pas mieux avant ?

Je ne m’y intéresse pas tout le temps, mais on me signale des trucs. Cette année, ils ont changé d’horaire et n’ont jamais autant cartonné. Comme quoi, ils s’en sortent.



Le grand soir, un film de Benoît Delépine et Gustave Kervern, avec Benoît Poelvoorde et Albert Dupontel.