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Bertrand Belin : “Il n’y a pas plus à la mode que de sembler démodé.”


Interview / Matthieu Chauveau * Photo / Philippe Lebruman Publié dans le magazine Kostar n°48 - décembre 2015-janvier 2016

Pensez-vous avoir le costume de l’emploi ?

Je n’aime pas l’idée d’avoir le costume de l’emploi, et je ne pense pas l’avoir. Je ne porte pas de pantalon en cuir. Or, c’est le costume habituel des gens qui, comme moi, jouent de la guitare électrique.


Quels rapports entretenez-vous avec la mode ?

Je m'habille pareil depuis 25 ans. Je suis quelqu’un d’assez classique. L’avantage du classicisme, c’est qu’il ne se démode pas. Il est à l’opposé de la mode même si Dior ou Saint-Laurent ont représenté une sorte de chic français qui avait peut-être à voir avec le classicisme. Si j’avais l’anorak et les Converse que je portais en 1981, je serais peut-être à la mode aujourd’hui...


Vous n’êtes donc pas à la mode ?

Quand je regarde mes copains qui le sont, je remarque qu’ils ne sont ni habillés, ni coiffés comme moi. Mais ça ne veut pas dire que je suis ostentatoirement démodé puisqu'il n’y a maintenant pas plus à la mode que de sembler démodé !


Avez-vous déjà retourné votre veste ?

Personne ne se vente de retourner sa veste !


Avez-vous pris des vestes ?

Oui, ça m’est arrivé. Par un beau matin très froid, à Genève, une femme polonaise d’une grande beauté m’a éconduit de manière définitive. C’était une belle veste dans le petit matin glacial.


“Je m'habille pareil depuis 25 ans. Je suis quelqu’un d’assez classique. L’avantage du classicisme, c’est qu’il ne se démode pas.”

Qu’y a-t-il dans votre valise quand vous partez en tournée ?

Rien d’original. Des chaussettes, des slips, des chemises, une trousse de toilette, des livres. J’ai de la musique dans mon téléphone, comme tout le monde. En ce moment, c’est un album de Hank Williams.


À qui voudriez-vous tailler un costard ?

À personne. Je n’ai pas envie de faire de mal aux autres. Je me verrais bien tailler un vrai costard, essayer de fabriquer un vêtement. Je l’ai fait il y a très longtemps. J’ai fabriqué un sweet-shirt, quand j’étais au collège, que j’ai porté. Il était gris, et avait une forme un peu spéciale...


Quel est le comble du chic ?

Avoir l’intention d’être chic, mais ne pas se rabaisser à faire le moindre effort pour le devenir aux yeux des autres.


Et le comble du mauvais goût ?

Être certain d’être chic.


Quelle personnalité voudriez-vous relooker ?

David Banner, le docteur de L’Incroyable Hulk avec autre chose que des habits serrés. Il ne serait pas obligé de changer de vêtement chaque fois qu’il explose de colère. On l’habillerait avec des toiles de tente, et on attendrait qu’il se mette en colère. Ça ferait un travail innovant sur le plan de la mode.


Qui rêveriez-vous de déshabiller ?

Un paquet de gens, mais je ne vous répondrai pas. C’est un peu privé. Ah si, des argonautes. J’adorerais déshabiller un contingent d’argonautes !


Bertrand Belin, Cap Waller, Wagram

Précédé d’un single à la rythmique quasi-funk (Folle Folle Folle), surprenant venant de l’auteur de l’introspectif Hypernuit, Cap Waller s’avère être du Belin pur jus, le groove en plus. Un cinquième album à l’écriture épurée, mais à la production plus directe qu’à l’accoutumée.

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Illustration
© Alexia Moutel

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