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Boy & The Echo Choir, la fille de la côte



Texte / Arnaud Bénureau * Photo / Amélie Pichon Publié dans le magazine Kostar n°35 - avril-mai 2013


Depuis bientôt dix ans, la Nazairienne Caroline Gabard, attachée à ses racines do it yourself, façonne une pop sensible et mélancolique.


Avant d’avoir son projet, Boy flirtait avec Tazio. Ces deux-là fabriquaient des disques comme des artisans. De A jusqu’à Z et même plus encore. Ils s’occupaient de tout. De la musique, du service après-vente, de la pochette… On se souvient de leur calendrier pop, 52 Songs for 52 Weeks, décliné en quatre volumes. « En lançant Boy, j’avais des choses à me prouver : être capable de faire de la musique sans les garçons. Il y avait un peu de ça.»


“En lançant Boy, j’avais des choses à me prouver : être capable de faire de la musique sans les garçons. Il y avait un peu de ça.”

Aujourd’hui, ces « choses », Caroline les fabrique, avec toujours autant de minutie, en compagnie de Rachel “Klaktonclown” Langlais. Alors, Boy & The Echo Choir ? Un duo ou un projet solo ? « Depuis deux ans, et ce même si j’ai le final cut, le projet est envisagé à deux. Mais ce n’est pas moi qui la zappe des photos de presse. Rachel, ce sont les disques et les concerts », qui prennent des formes multiples : chez l’habitant, dans des « plans pourris » (pas beaucoup), dans des clubs, dans des chapelles… Boy peut jouer partout tant sa musique impose le respect. À se demander si la forme d’une ville, en l’occurrence Saint-Nazaire, ne vient pas épouser les courbes de cette pop mélancolique ? « Mon projet est né dans différentes villes de la côte. Je suis attachée à l’océan et au bord de mer ; mais il n’y a pas grand-chose de Saint-Nazaire dans ma musique. Après, tant mieux si ça inspire les chroniques : la mer, les paquebots… C’est comme Cat Power. On me l’a tellement ressorti. En même temps, je comprends. Avant, dès qu’une fille faisait du rock ou de la pop, on la comparait à Shannon Wright, Cat power et PJ Harvey. » Ou la Sainte-Trinité d’une certaine idée du rock indé au féminin. Aujourd’hui, les filles s’en mêlent de plus en plus. Mais Boy appartient à cette famille qui ne fera jamais de concession. Quitte à, malheureusement, ne pas rencontrer le succès qu’elle mérite.