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Broken Back, Ultra Malouin



Interview / Patrick Thibault * Photo / © Clément Latil Publié dans le magazine Kostar n°88 - décembre 2023-janvier 2024



Smile again, c’est le titre du nouvel album de Broken Back. Et aussi un résumé de la pensée qui l’anime dans ce retour aux sources. Émotion et optimisme pour toujours conjurer le sort. Rencontre avec l’enfant de Saint-Malo réinstallé au pays.


Qu’est-ce qu’il y a de neuf dans cet album ?

Smile again, le quatrième, c’est musicalement un vrai retour aux sources. Mon premier album était un voyage introspectif (un exutoire, mon remède après mes problèmes de dos) ; le deuxième un vrai voyage aux quatre coins du monde imaginé pendant la tournée suite au succès. Celui-là est une vraie re-connection avec l’ADN de Broken Back. Je l’ai fait à Saint-Malo, ce qui m’a permis de remettre le doigt sur mon univers musical. J’ai compris dans cette quête que la composition est ma manière de jouer avec les émotions, les comprendre, les écouter, les sculpter.


C’est d’abord et toujours une question d’émotion ?

C’est ma catharsis, ma matière première. Ça me fait trop de bien, c’est un besoin viscéral. Le texte arrive toujours dans un second temps. Qu’il soit autobiographique ou métaphorique, il se rattache à l’émotion que je décris. L’album est un voyage émotionnel où chaque chanson pourrait avoir un deuxième prénom qui serait une émotion. Away from home, la nostalgie ; Smile again, l’optimisme ; Shine, la sérénité (c’est une berceuse et j’ai remarqué qu’elle calmait mon fils). Time, c’est la contemplation…


“À tout malheur qui arrive, l'important c'est le bonheur qu'on va pouvoir générer.”

Et musicalement…

Ma volonté était de revenir à ce qui est l’essence musicale du premier, aux cordes. Un jeu qui construit la base de chaque chanson, avec des sonorités qui font ma signature. Des chœurs avec des réverb très planantes. J’ai voulu un album solaire, sucré, indie, avec une touche electro.


Et encore ce message positif sur la vie ?

Complètement, c’est à la base du projet Broken Back. Je ne m’imaginais pas faire ça, je n’avais jamais pensé pouvoir être chanteur. D’une malchance est arrivée la révélation : j’ai pu découvrir la guitare et la composition. Albert Cohen disait “le malheur est le père du bonheur de demain” et c’est la philosophie que j’incarne. À tout malheur qui arrive, l’important c’est le bonheur qu’on va pouvoir générer.


La voix, est-ce que c’est une pression ?

Il faut savoir la préserver. J’ai appris que c’est lié à la qualité du sommeil. La jauge de puissance de voix est liée à ça. Il faut savoir bien la poser, chanter sans la forcer. Sa ressource n’est pas infinie. La voix est directement liée au cœur. Je me rends aussi compte que ça n’est pas la même que quand je parle, c’est très malléable.


“On ne sauve pas des vies mais on suspend le temps”

Ce retour sur scène, qu’est-ce que ça nous réserve ?

Je suis accompagné de Sam, batteur percussionniste et de Tom à la guitare basse bouzouki. Quoi qu’il arrive, le live, c’est enfin pouvoir interpréter les morceaux qui viennent de sortir. On ne sauve pas des vies mais on suspend le temps dans des moments de partage. À chaque fois, on change tout. C’est totale liberté.


Régulièrement, on vous dit pop, rock et electro, c’est si difficile de choisir ?

Oui, super dur. Je ne me dis rien au départ. Je vais faire un morceau, je le compose parce que j’ai envie de sculpter une émotion ressentie. J’y vais par touches : de l’indie, un peu de folk, un peu d’électro, c’est pop aussi. Disons que je fais de l’indie-pop solaire folk-électro !


Tu vis vraiment à Saint-Malo ?

Ah oui. J’ai été confiné là-bas et j’ai pris conscience de la chance que j’avais d’être dans la ville que j’adore. Bien pour composer, bien pour écrire : c’est ma première étape pour ouvrir la boîte de Pandore des émotions. J’ai besoin d’être bien enveloppé et c’est un vrai régal. Tellement plus facile qu’à Paris. Ça va faire trois ans que je profite de cette vie entre terre et mer.


Broken Back Nouvel album, Smile Again. Après Nantes et Rennes en novembre, le 24 février, Auditorium Stephan Bouttet, Dinard.

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