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© Alexis
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Bruno Podalydès, interview recto/verso


Interview et photos / Matthieu Chauveau pour Kostar Publié dans le magazine Kostar n°61 - été 2018


Interview recto


Pourquoi déterrer Bécassine ?

Elle n'était pas enterrée ! J'étais frappé de voir à quel point elle est sur les mugs et les assiettes en Bretagne. C'est un personnage abstrait, une sorte de logo, avec ce que ça véhicule de clichés. C'était tentant d'aller à leur encontre...


Et alors ces clichés sur Bécassine, fondés ou non ?

Non fondés. On dit, par exemple, que Bécassine n'a pas de bouche alors qu'il y a beaucoup de dessins où elle en a une. Ce n'est pas du tout une femme bâillonnée comme on a voulu le faire croire. D'ailleurs, elle n'était pas bretonne au départ. Son costume est d'Amiens !

Comment vivez-vous la polémique autour du film ?

Est-ce que le mot polémique convient ? Cela voudrait dire qu'il y a débat. Comme les détracteurs n'ont pas vu le film, c'est plutôt un dialogue de sourds ! Quand ils le verront, ils se sentiront bien ridicules puisqu'il n'y est quasiment pas question de Bretagne et que Bécassine n'est pas du tout la sombre idiote dont ils parlent.

Les albums de Bécassine, n'était-ce pas la ligne claire avant l'heure ?

Tout à fait. Et je crois qu'Hergé s'en est inspiré, même s'il ne voulait pas le dire. Bécassine, c'est vraiment Tintin avec une coiffe. Et le personnage de Rastaquoueros a certainement inspiré Rastapopoulos qui, au-delà de leurs noms, se ressemblent beaucoup.

Comment se dirige-t-on soi-même ?

Déjà, est-ce que je dirige les autres ? Non. J'apporte une partition, qui est le scénario et les comédiens proposent. Je veux qu'ils se sentent à l'aise, que ça circule entre eux. L'humour, c'est souvent entre les gens. Ça n'est pas chacun avec sa bonne blague. Et moi, en tant qu'acteur, je me fonds dans cette complicité.



Interview verso


En adaptant Bécassine, n'aviez-vous pas peur d'être cucul ?

Non. Mais j'étais quand même très pressé de la voir arriver sur le plateau. Soit on allait être très gênés. Soit c'était tout de suite une proposition de cinéma. Un peu comme un super-héros. Quand les mecs filment Superman et que l'acteur arrive costumé, ça doit faire le même effet.

"Si tu te débrouilles bien, tu pourras aller à Paris" ?

Cette phrase de la bande-annonce a fait couler de l'encre. C'était amusant pour moi de faire dire un truc stupide au personnage mais, dans les années 20, on pouvait le penser. Après, il dit même une phrase vraiment sexiste : "Une belle fille comme toi, elle trouvera du travail"...

La chose que vous n'avez jamais osé dire sur votre frère Denis...

Que ce n'est pas son vrai nom. En fait, il s'appelle Antoine Bouche d'Égout. C'est ce qu'il essayait de me faire croire quand j'étais petit. Une blague entre frères... Encore maintenant, si je lui dis “Antoine Bouche d'Égout”, il éclate de rire.

Pourquoi ce sens de la famille ?

Je ne sais pas si je l'ai... Mais c'est vrai que je m'entoure souvent des mêmes acteurs. J'ai la chance d'avoir des amis qui sont de grands comédiens et qui ne sont pas filmés autant qu'ils le devraient. J'en profite.

Bécassine vs Brassens ou vs Chantal Goya ?

Bravo parce qu'on parle rarement de la chanson de Brassens que je préfère évidemment. Bizarrement, j'étais passé complètement à côté de celle de Goya. Je sais qu'au départ, c'était "c'est ma copine" et qu'après c'est devenu "c'est ma cousine". Je ne vois pas tellement la révolution (sourire).

Plutôt... galette ou kouign-amann ?

Galette. Mais je ne suis pas très explorateur en la matière. La complète me convient bien. Dans Liberté-Oléron, j'avais imaginé une crêperie avec des galettes hors de prix. Depuis, à Paris, je suis tombé sur une hyper sophistiquée : avec ingrédients du genre avocat-gingembre... Ça m'a fait rire !

Bécassine ! un film De Bruno Podalydès Avec Emeline Bayart, Karin Viard, Denis Podalydès.


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