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Christine and The Queens : “Liberté, égalité, Beyoncé”


Interview / Arnaud Bénureau * Photo / Héloïse Letissier Publié dans le magazine Kostar n°40 - avril-mai 2014

Quel est votre rapport à la mode ?

Gourmand. Les vêtements me font envie. J’en veux toujours plus. Et ce, même s’il s’agit de la même coupe.


Quand êtes-vous tombée dedans ?

Très tôt. À 3 ans, je fais ma première fashion crise dans un supermarché. J’ai pleuré pour obtenir une jupe jaune à pois noir. Mon père s’en souvient encore. Ceci dit, mes goûts ont un rien évolué depuis.


Avez-vous un créateur fétiche ?

Question difficile, car j’ai tendance à papillonner. J’aime beaucoup le travail de Humberto Leon et Carol Lim pour Kenzo, Riccardo Tisci pour Givenchy, les collections Margiela… Dès que l’on approche le masculin/féminin, je peux piocher parmi des créateurs assez différents. J’aime de plus en plus les pièces simples mais marquantes. Celles qui créent une silhouette reconnaissable, une signature.


Comment choisissez-vous vos tenues de scène ?

Trois facteurs sont décisifs. Puis-je danser dedans ? Est-ce beau sur scène ? Est-ce que Christine ne trouve pas ça trop féminin ? Si la réponse à la dernière question est oui, c’est immédiatement recalé.


Héloïse s’habille-t-elle pareil que Christine ?

Elle essaie désespérément d’avoir le même style que Christine, mais quelque chose cloche toujours : étiquettes qui dépassent, ourlets mal faits…


Avez-vous déjà retourné votre veste ?

Sur de petits détails, oui. En fait, le café, c’est bon sans sucre. Mais sur les grands principes, jamais : liberté, égalité, Beyoncé.


“Les vêtements me font envie. J’en veux toujours plus.”

Avez-vous déjà pris des vestes ?

Oh que oui ! C’est ainsi que viennent les envies de déguisement : Christine comme ange gardien, Christine comme solution…


À qui voudriez-vous tailler un costard ?

À l’autre Christine, Boutin, qui ne fait que ternir le prestige de ce beau prénom avec de curieuses saillies depuis quelques mois.


Quel est le comble du chic ?

Une belle chemise blanche et des cernes.


Et du mauvais goût…

Le mauvais goût n’existe pas. C’est une sordide invention pour nous décourager d’être entièrement décomplexés.


Qui a bien pu inventer le verbe s’endimancher ?

Certainement quelqu’un qui ne travaillait pas dans la semaine. Pour lui, c’est tous les jours dimanche. Malgré tout, le verbe est assez joli. Il est champêtre et charmant. Canotier et petit costume.


Comme il y a presque prescription, qui était le plus mal habillé pendant ces Victoires de la musique ?

Christine, c’est évident ! On avait l’impression qu’elle s’était déguisée en Oscar. Et sa veste ressemblait un peu trop à celle de Daho. Plagiat ? Possible. Il faut la pardonner, c’est une jeune artiste qui essaie de s’imposer. Je lui conseille le noir, ça affine !



Chaleur humaine

Lors des dernières Victoires de la musique, la Nantaise Héloïse Letissier, qui concourait pour le prix groupe ou artiste – révélation scène, a mis sa claque à tout le monde avec sa version live de Nuit 17 à 52, slow nocturne et sexy. Aujourd’hui installée à Paris, Christine and The Queens sort enfin son premier album, Chaleur Humaine.


Christine and The Queens, Chaleur humaine (Because Music). www.christineandthequeens.com

Illustration
© Elly Olman

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