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David Grinié, cuisine en 16/9



Texte et Photos / Christophe Martin pour kostar Publié dans le magazine Kostar n°29 - février-mars 2012


Puisque le cinéma et la cuisine ont souvent fait bon ménage, l’occasion nous est donnée d’interroger celui qui, depuis 2006, régale en coulisses tous les invités du festival Premiers Plans.


Comment qualifiez-vous la cuisine du Grand Jardin ?

C’est une cuisine d’inspiration, ni traditionnelle ni gastronomique. Une cuisine de plaisir, généreuse... Elle évolue en permanence, en fonction de ce que je vis. Je me souviens avoir fait des plats récréatifs quand je suis devenu papa, plus émotionnels quand j’ai perdu mon grand-père charcutier ou encore d’inspiration orientale au détour de voyages.


La cuisine est un laboratoire de création, le cuisinier est-il également un metteur en scène ?

Il y a effectivement de la mise en scène dans la cuisine, pour ma part cela passe par le dessin. C’est comme ça que j’élabore un plat, car le placement des saveurs permet de construire la dégustation, pour que le client puisse y trouver un cheminement, une émotion.


Quelle est, pour vous, la recette d’un bon film ?

Entre cuisinier et réalisateur, il y a effectivement des bases communes. Pour nous de bons produits, pour eux de bons acteurs. Cela passe donc par un casting rigoureux. On ne peut pas tirer d’un mauvais produit ou d’un mauvais acteur un chef-d’œuvre.


“Le placement des saveurs permet de construire la dégustation, pour que le client puisse y trouver un cheminement, une émotion.”

Pas de genre de prédilection ?

Non. Comme dans la cuisine, certains aiment le bon gibier aux saveurs bien relevées, d’autres préfèreront les notes plus sucrées, le côté suave du chocolat... Il faut savoir garder une palette assez large.


La Grande Bouffe ou L’aile ou la cuisse ?

Je serais plutôt L’Aile ou la cuisse. Je dis toujours qu’on peut travailler sérieusement sans se prendre au sérieux, c’est mon état d’esprit. C’est aussi ce que j’interprète de ce film, faire passer des messages dans la légèreté.


Vous êtes aux premières loges du festival Premiers Plans. Gardez-vous quelques savoureux souvenirs ?

Ce sont surtout des petites attentions. Je n’ai malheureusement pas toujours le temps de partager plus. Je me souviens des remerciements chaleureux de Kad Merad. Et de petites demandes particulières, comme le jour où Jeanne Moreau, qui est une fidèle, m’a demandé de lui préparer des noix de Saint-Jacques qu’elle venait de rapporter du marché. C’est une femme gastronome qui a l’aura pour convaincre toute une tablée !


Le Grand Jardin, Hotel Mercure, 1 place Mendès France, Angers




Le décor

Vue panoramique sur le magnifique jardin des plantes.


Le synopsis

Tartare de bonite, sorbet wasabi.

Filet de lotte lardé, mousseline de patate douce et court jus à l’arabica.

Jarreton de porc braisé à la badiane, écrasé de panais et salade pet saï.

Tarte virtuelle aux pommes, glace sablé breton.