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Ernesto Sartori, poésie inclinée



Texte / Marie Groneau * Photo / Sylvain Richard

Publié dans le magazine Kostar n°29 - février-mars 2012


Depuis qu’il a été lauréat du Prix de la Ville de Nantes en 2008, l’artiste Ernesto Sartori a fait bien du chemin. S’extirpant de ladite scène émergente, il a su s’imposer sur le podium final de la création contemporaine.


Aussi sculptural que pictural, le travail de ce plasticien sorti tout droit des Beaux-Arts de Nantes, se joue de l’espace. La déclinaison des plans, des volumes et des surfaces laisse voir des dispositifs aussi attrayants que déroutants. Ces drôles d’architectures que nous propose Sartori semblent surgir d’un récit de science-fiction. Si elles paraissent issues d’un autre monde, bien plus fun et coloré que le nôtre, composé d’espaces biscornus et de parois aux lavis pastels, les modules et polyèdres finissent par déterminer des volumes complexes franchement périlleux.

Le jeu se mue en piège. Tel un palais des glaces dont on ne peut plus sortir, ces agencements multi-facettes se referment sur celui qui les éprouve. Ou peut-être l’abrite-t-il, question de point de vue. Car pour lui, il n’y a pas une unique façon de voir : « Je tente de laisser les choses ouvertes.(…) Ces vaisseaux émergents du sol ont quelque chose de l’ordre de l’aventureux et quelque chose de l’ordre du rangement. Il y a cette dualité. Ils évoquent à la fois le mobilier et le paysage ».


“Ces vaisseaux émergents du sol ont quelque chose de l’ordre de l’aventureux et quelque chose de l’ordre du rangement.”

Ces modules, porteurs d’une diversité d’histoires participent à la mythologie de l’artiste auxquels viennent s’ajouter des éléments picturaux. Ces derniers laissent croire à un témoignage sur cet univers parallèle tout en déplaçant le regard vers « un ensemble de directions en opposition à cette idée de rangement ».

Concernant le projet pensé pour l’Espace Diderot, le plasticien misera sur le déjà-là. Exploitant la zone réservée aux sièges pour les spectacles, il installera un imposant plan incliné. À partir de celui-ci, place sera faite à l’expérimentation. Le lieu d’exposition revêtira des allures d’aire de jeux pour l’artiste qui y testera de nouveaux dispositifs où échelles, plans et angles défieront l’espace.