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Fishbach : “Peut-être suis-je à la mode sans le savoir.”


Interview / Matthieu Chauveau * Photo / Mélanie Bordas Aubiès Publié dans le magazine Kostar n°53 - décembre 2016-janvier 2017

Vous êtes quelqu'un de stylée. Depuis quand faites-vous attention à votre look ?

En fait, je n’y fais pas vraiment attention. Je m’habille au gré des envies, souvent avec des vêtements qu’on me donne. Ceci dit, pour les concerts à venir, on commence à travailler des tenues un peu plus élaborées...


Et comment choisissez-vous ce costume de scène ?

J’ai besoin d’exagérer certains traits, certaines courbes, un peu comme pour un personnage de BD. Généralement, j’ai un pantalon taille haute et un tee-shirt assez près du corps. J’aime avoir un vêtement avec lequel je peux m’élancer, m’exprimer.


“J’admire les gens qui savent bien s’habiller. Je les trouve trop malins et je ne comprends pas comment ils font.”

Quels rapports entretenez-vous avec la mode ?

Faire du shopping, c’est très dur pour moi. J’admire les gens qui savent bien s’habiller. Je les trouve trop malins et je ne comprends pas comment ils font. En même temps, je suis très exigeante. Pour un pantalon, par exemple, je sais ce que j’aime et ce que je n’aime pas.


Pensez-vous être à la mode ?

Pas du tout. Mais la mode change constamment. Puisque je vais chercher des choses dans différentes époques, peut-être suis-je à la mode sans le savoir. C’est aussi le cas avec ma musique, d’ailleurs.


Être à la mode, c’est quoi pour vous ?

Ça ne veut pas dire grand chose. C’est un peu comme courir après le vent. Chercher à être à la mode, c’est déjà être ringard. Le temps que tu passes à trouver le truc, t’es déjà plus dedans. En même temps, c’est assez génial. Ça en devient poétique.


Avez-vous déjà retourné votre veste ?

Oui. Il y a encore quelques années, j’avais un groupe de punk et je disais que je ne chanterais jamais en français…


Avez-vous pris des vestes ?

Oui, avec des garçons. Mais, heureusement, pas avec ma musique.


Qu’y a-t-il dans votre valise quand vous partez en tournée ?

Un jogging rouge que j’adore porter. Une Game Boy Color. J’ai retrouvé la même que quand j’étais petite, avec tous les jeux. Des bouquins d’épopées fantastiques : Game of Thrones, Tolkien, Harry Potter… J’adore les grosses franchises dans ce genre. Et, bien sûr, ma guitare.

À qui voudriez-vous tailler un costard ?

Oh vous savez, moi, je suis une gentille. Je ne veux de mal à personne, même pas aux pourris.


“La frontière entre le bon et le mauvais goût, c’est comme en musique, ça ne fait que bouger.”

Quel est le comble du chic ?

En fait, je vois plein de “chiceries” dans les petites choses de la vie. Par exemple, quand quelqu’un aide une femme avec une poussette à monter les marches.


Le comble du mauvais goût ?

La frontière entre le bon et le mauvais goût, c’est comme en musique, ça ne fait que bouger. Le plus important, c’est de s’en foutre et de faire les choses en fonction de son point de vue personnel. Parfois, des associations improbables me plaisent. J’aime bien les gens singuliers. Ceux qui osent porter le mulet, par exemple. C’est un choix… mais on sait que ce n’est pas dénué de second degré.


Qui a bien pu inventer le verbe s’endimancher ?

Je ne sais pas mais j’adore ce mot. Ça fait très XIXe siècle. J’ai un délire avec le XIXe en ce moment. J’aime beaucoup la mode de cette époque-là. Surtout la mode des hommes, mais portée par les femmes : celles qui s’habillent comme des dandys.


Qui rêveriez-vous de déshabiller ?

Pourquoi pas Jude Law ? Je le trouve incroyable dans la série The Young Pope. Il incarne un jeune pape extrémiste, une personne horrible mais à laquelle tu t’attaches. J’adore m’attacher aux méchants.

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Illustration
© Alexia Moutel

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