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Frédéric Bélier-Garcia : “Une heure et demie de malentendus...”


Interview / Vincent Braud * Photo / Thierry Bonnet Publié dans le magazine Kostar n°49 - février-mars 2016


Pour le directeur du Quai, Feydeau a encore beaucoup à dire.



Feydeau, on se dit qu’en ce moment, ça ne peut pas faire de mal. Mais pourquoi Chat… ?

Feydeau, c’est d’abord un désir d’acteurs. C’est une sorte de mont Ventoux de l’art dramatique auquel il faut se confronter. Chat en poche, c’est une pièce de jeunesse. On y trouve le génie de Feydeau mais aussi de la folie. Il y a bien sûr des amants dans le placard et un quiproquo qui en chasse un autre, mais il y a aussi l’opéra qui traverse toute la pièce. Avec un vrai-faux ténor, un peu comme dans Marguerite mais j’avais programmé cette pièce avant le film.


Le théâtre de Feydeau, c’est la fin du XIXe siècle et des souvenirs qui datent, comme Au théâtre ce soir. Comment on se saisit de cette pièce en 2016 ?

Je n’aime pas le mot “dépoussiérer”. Il faut simplement arracher ce théâtre à son décorum bourgeois, à sa date de fabrication. On va jouer aussi sur le off. Je propose d’accompagner les personnages dans leurs rêves, comme dans une sorte de road movie. Le lever de rideau aura lieu dans le forum du théâtre. Et on fera un tour au Palais Garnier avec un décor de théâtre wagnérien…


“Je n’aime pas le mot “dépoussiérer”. Il faut simplement arracher ce théâtre à son décorum bourgeois, à sa date de fabrication.”

Que nous dit cette pièce aujourd’hui ?

Plein de choses. Sur l’identité par exemple, mais, en même temps, il ne faut pas lui dire plus qu’elle ne dit. Feydeau, c’est aussi une mécanique, un rythme. Comme dans un numéro de cirque chinois, il faut que les assiettes continuent de tourner.


C’est une charge contre la bêtise…

Feydeau nous montre ici une bourgeoisie qui essaie d’essorer son ennui dans la culture et qui, en même temps, ne voit que ce qu’elle a envie de voir. C’est quelque chose de très contemporain. On fait la tournée des festivals en été comme une alternative aux vacances en famille et la culture permet d’échapper à l’ennui du gigot dominical.


Chat en poche

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