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General Elektriks, capitaine funk


Interview / Matthieu Chauveau * Pphoto / Tim Deussen - www.tim-deussen.de Publié dans le magazine Kostar n°51 - été 2016

Incroyable groupe à danser sur scène, General Elektriks est pourtant le projet d’un seul homme, Hervé Salters, virtuose des claviers, et plus particulièrement du clavinet, instrument fétiche de Stevie Wonder. Avec son quatrième album, enregistré à Berlin, l’ancien comparse de –M–, Femi Kuti ou Blackalicious poursuit sa quête du mélange parfait de funk, de pop et d’electro.


Votre quatrième album s’intitule To be a stranger. Un clin d’œil à votre emménagement récent à Berlin, après San Francisco ?

Oui. Je suis un étranger depuis que j’ai quitté Paris, en 1999. Ceci dit, aux États-Unis, je ne ressentais pas tellement cette sensation de perte de racines, car c’est un pays par définition basé sur l’immigration. Il est très facile de s’y sentir à l’aise. J’adore Berlin mais c’est différent. La ville a une longue histoire, une civilisation très forte, qui me donnent plus l’impression d’être étranger.


Bien qu’enregistré dans cette ville, l’album ne se caractérise pas par un son spécifiquement berlinois…

Effectivement, Berlin n’a pas influencé ma musique de manière aussi directe que les États-Unis. Je ne peux pas dire que j’écoute de la techno minimale tous les jours, même si j’adore quand je suis en club. En fait, la ville m’a influencé artistiquement d’une manière plus générale. Ici, tu es entouré partout d’un art souvent assez radical. Ça m’a conforté dans l’idée qu’il fallait que je trace ma route, que je fasse mon propre truc.


“Le but du jeu, c'est quand même de multiplier les instants de bonheur au jour le jour.”

Vous enregistrez essentiellement en solitaire, entouré de vos claviers. Votre musique, pourtant, a toujours un côté extraverti…

Je ne le fais pas exprès, mais je cherche à créer une communication. Partager de bons moments, j’ai un peu la sensation que c’est la meilleure chose qu’on puisse faire sur cette planète, tant qu’on est là. Souvent, le concept de faire la fête n’est pas pris très au sérieux et pourtant, je ne vois rien de plus sérieux que ça. Le but du jeu, c’est quand même de multiplier les instants de bonheur au jour le jour. Si ma musique participe ne serait-ce qu’un petit peu à ça, j’en suis ravi.


Deux musiciens virtuoses – Bowie et Prince –, dont on peut percevoir l’influence dans votre musique, ont disparu cette année. Lequel va le plus vous manquer ?

Impossible de choisir. J’ai chialé pour les deux. Ce sont effectivement des influences majeures, au même titre que Stevie Wonder. De grands génies pop qui avaient aussi quelque chose de particulier. Ils ont mis le doigt sur la beauté qu’il y a à être différent, aussi bien au niveau sexuel que dans la musique qu’ils faisaient. J’ai beau chercher, je ne vois personne pour reprendre le flambeau aujourd’hui. Dans l’espèce de recroquevillement politique et identitaire qu’on vit actuellement, on en aurait pourtant bien besoin.

Illustration
© Elly Olman

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