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Guillaume Meurice, interview recto/verso



Interview / Patrick Thibault * Photos / Franck Tomps pour Kostar Publié dans le magazine Kostar n°54 - février-mars 2017


Interview recto

Quand avez-vous pris conscience du fait que vous pouviez être drôle ?

Dès l’école maternelle et j’ai fait le clown toute ma scolarité.

Un slogan pour définir votre humour ? Aucun. Je n’aime pas les slogans.

Alors comment définissez-vous votre humour ?

Aïe, c’est le truc le plus relou pour un humoriste. Je dirais que j’utilise l’humour pour ce que j’ai à dire. Pour moi, c’est un moyen.

Quelles sont vos têtes de turcs ?

Les gens qui ont des comptes à rendre : les représentants politiques, d’entreprises, des porte-paroles de tel ou tel lobby. Plus généralement, les gens qui cachent leur discours derrière de la communication.

Êtes-vous dans l’humour ou dans la politique ?

Je suis dans la vie, je suis forcément dans la politique puisque tout le monde en fait. Acheter une pâte à tartiner sans huile de palme plutôt que du Nutella, c’est déjà politique.

Faire de l’humour sur les politiques, c’est pas la facilité pour un humoriste ?

Je ne m’en prends pas à eux mais à leur discours. Et je n’ai jamais dit que je faisais un truc difficile.

Comment fait-on pour sortir du lot parmi tous ces humoristes ?

Il ne faut surtout pas chercher à en sortir. Faire ce qu’on aime de la manière la plus libre possible, sans compromis. Et là, on a une chance d’être heureux.

Quels sont vos vœux pour 2017 ?

Je voudrais que Christian Estrosi arrête la politique et qu’il ouvre une bergerie. Il découvrirait peut-être que les moutons ne sont pas si dociles que ça.




Interview verso

Le micro-trottoir pour faire de l’humour, c’est pas un peu facile ?

Je ne milite pas pour la difficulté. Je ne vis pas dans la souffrance quotidienne de l’inspiration et la création. J’aime aller taquiner les gens. Le moment Meurice sur Inter est une chronique qui me ressemble vraiment.

Il y a beaucoup d’humoristes belges en France, êtes-vous favorable à des quotas ?

Ou à une interdiction totale ? Non, je suis pour la liberté. Chacun a le droit de se mettre sur une scène. Je n’aime pas les quotas, même pas Michèle Cotta.

Vous vous en prenez au monde de la communication, mais y a-t-il des humoristes sans radio ?

Ben oui sinon comment j’aurais fait avant ? Et après ? Moi, ce qui m’intéresse, c’est d’être dans un endroit où tu dis ce que tu veux.

Ma femme s’appelle Meurice, c’était pas un peu merdique ?

Je n’ai jamais vu le spectacle mais ils nous les ont bien cassées avec leur pub.

Comment fait-on pour être drôle tous les jours ?

Je ne sais pas si je suis drôle tous les jours. Ce qui est certain, c’est que je m’amuse tous les jours. Il y a des gens qui rient plus ou moins et disent “celle-là, elle est moins bien”.

Quand c’est moins drôle, est-ce que vous vous en rendez compte ?

En spectacle, oui et immédiatement. À la radio, mon but premier n’est pas forcément d’être drôle à chaque fois.

L’île Meurice, Meurice à Lille ou l’Hôtel Meurice ?

Vous avez oublié Paul. Lille, j’aime bien Lille.

Faut-il s’en prendre indéfiniment aux partisans de la manif’ pour tous ?

Oui, tant qu’ils continueront à ne pas considérer l’égalité comme une priorité.

Êtes-vous un humoriste de gauche ?

Mes convictions sont plutôt de gauche mais qu’est-ce que la gauche ? J’ai toujours voté écolo. Je ne crois pas qu’il y ait d’écologiste de droite puisque la droite, c’est la croissance infinie.

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Illustration
© Alexia Moutel

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