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Jean Blaise, interview recto/verso



Interview / Patrick Thibault * Photos / Tangui Jossic pour Kostar Publié dans le magazine Kostar n°56 - été 2017


Interview recto

Cet été, il faut faire le voyage à Nantes ou le voyage au Havre ? Les deux. Ce sont les deux événements de l’été. On comprendra que c’est la situation qui domine, qu’on ne reproduit pas une méthode ou une recette. Les artistes travaillent in situ à partir de la ville et le résultat est différent.


Pourquoi Le Havre, Nantes ne vous suffisait plus ?

J’ai toujours été à l’affût de belles opportunités. Quand on est venu me chercher pour Nuit Blanche à Paris, j’ai tout de suite eu envie. Au Havre, le sujet m’intéressait, cette ville isolée au bout du continent et sur laquelle pèse un malentendu.

Votre coup de cœur dans Le Voyage 2017 ?

Difficile à dire. J’ai hâte de voir l’installation de Nicolas Darrot, place Graslin. J’aime cet artiste, spirituel et bricoleur.

Depuis 30 ans, de quoi êtes-vous le plus fier ? De l’ensemble, parce qu’on a réussi à faire des choses très différentes dans une continuité. Le festival de Saint-Herblain, Les Allumées, le lieu unique, Estuaire, Le Voyage à Nantes, La Nuit Blanche, le festival de Hué : il y a une cohérence dans la conception que j’ai de l’action culturelle.

Comment fait-on pour se renouveler ?

Il ne faut surtout pas chercher à se renouveler. Il faut essayer d’être juste à chaque fois avec la question posée, avec l’équation posée, avec la situation donnée.

Vous êtes un voyageur, quelle ville ou quel pays vous a le plus scotché ?

Je crois que c’est l’Inde. J’ai adoré Buenos Aires qui est une ville européenne d’Amérique du Sud mais ça n’est pas scotchant.

Des nouvelles de votre rapport pour le ministère de la Culture ?

Non, mais je vais en avoir bientôt.

Un conseil pour Françoise Nyssen ?

Qu’elle ait des projets. Le ministère de la Culture a manqué de projets sous Hollande. Il ne suffit pas de bien agir avec les intermittents pour avoir une politique culturelle. Les grands ministres de la culture ont toujours eu des projets.



Interview verso

Jean Blaise, Blaise Pascal ou Blaise Matuidi ?

Blaise Pascal parce qu’il a inventé la brouette et que c’est bien utile au quotidien.

Agitateur ou animateur ?

Agitateur de publics et animateur d’équipes.

Vous dites que les artistes ne sont pas là pour amuser la galerie, vous êtes sérieux quand vous dites ça ?

Oui, très. Ils peuvent amuser la galerie et certains le font. Quand je dis ça, je dis que l’art n’est pas là pour faire joli, pour décorer ou faire plaisir mais pour révéler des choses profondes qui nous échappent.

Savez-vous ce que vos détracteurs vous reprochent le plus ?

D’être encore là.

Il me semble que vos détracteurs vous reprochent d’avoir toujours les moyens de vos ambitions ?

Oui, mais les moyens il faut toujours aller les chercher. Ils ne tombent jamais du ciel.

Vous avez longtemps revendiqué l’éphémère, Le Voyage à Nantes jusqu’à quand ?

Jusqu’à ce qu’il ne soit plus nécessaire. Il est la vitrine d’une stratégie qui consiste à introduire de la créativité dans toutes les strates de la ville pour que Nantes devienne la ville évidente de la créativité et qu’on puisse faire un parcours sans événement.

De quoi êtes-vous le moins fier ?

En fait, je ne suis pas très fier. Je doute toujours.

Que répondez-vous à ceux qui disent que vous n’allez jamais au spectacle ?

Que je ne vais plus au spectacle. J’y suis allé beaucoup trop. Je vais plutôt dans les centres d’art, les expos, les musées et beaucoup au cinéma.

Ministre de la Culture ou ministre du Tourisme ?

Ministre de la Culture, mais ça pourrait être le grand projet culturel de la France aujourd’hui, de réveiller son patrimoine avec les artistes.

Regrettez-vous qu’on ne vous ait pas appelé au gouvernement ?

Non parce que je pense que je ne serais pas capable d’être ministre. J’ai envie de projets et non de représentation.

Le Voyage à Nantes Un été au Havre


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