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Jesse Lucas, la numérique attitude



Texte / julien Coudreuse * Photo / Yann Peucat pour Kostar Publié dans le magazine Kostar n°30 - avril-mai 2012


Moitié du duo Sati, Jesse Lucas se cherche au gré de ses multiples projets, et se trouve petit à petit. Musicien, Vj, c’est désormais vers l’art numérique qu’il se dirige, fasciné par la notion d’interactivité.


Même s’il ne cesse de bidouiller derrière son ordi, Jesse Lucas ne perd jamais de vue le Graal que représente la transposition scénique de ses projets. Cette contradiction perpétuelle, entre les techniques liées à l’art numérique et l’obligation faite aux artistes de rendre intelligibles et attractives leurs créations, est au cœur de sa réflexion. « Même si nous utilisons tous, à des degrés divers, les outils numériques dans notre quotidien, l’art numérique est encore loin de s’être démocratisé. »

Après un cursus multimédia en Angleterre, Jesse Lucas, de retour en France, « passe deux ans à bouffer du logiciel en autodidacte. »

Puis vient le temps des rencontres fructueuses. Avec Olivier Leroy et son Bollywood Orchestra, pour lequel il gère la création visuelle. Avec Erwan Raguenes, l’autre moitié de Sati, il passe ses inventions high-tech à la moulinette lo-fi. Et plus récemment, avec Yroyto pour le spectacle Inside the black box.


“Il y a une dimension ludique que les enfants apprécieront, et une lecture plus réflexive pour les plus grands.” 

Peu à peu, l’idée de concevoir des installations interactives germe dans son esprit. Ce sera d’abord La Machine dont vous êtes le héros, boîte dans laquelle on s’enferme pour danser en tête-à-tête avec un écran géant qui garde les empreintes de nos mouvements. Puis, à l’invitation de l’équipe de Bouillants, il imagine une installation, Difluxe, autour de la notion de frontières, thématique annuelle de l’événement. « C’est un jeu sur les flux et les fluctuations. Que se passe-t-il dans un microcosme vivant soumis à des forces contradictoires ? L’enjeu est là. Je me suis inspiré du rapport que l’Homme entretient avec les autres, et sa tendance à ne jamais être satisfait de son sort. Il y a une dimension ludique que les enfants apprécieront, et une lecture plus réflexive pour les plus grands. » Tout l’art de rendre des algorithmes attachants.

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