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Johan Papaconstantino : « La mode, c’est lié à un lieu, un environnement, une temporalité. »



Texte / Matthieu Chauveau * Photos / Jehane Mahmoud Publié dans le magazine Kostar n°87 - octobre-novembre 2023



Vous êtes quelqu’un de stylé, depuis quand faites-vous attention à votre look ?

Depuis le primaire, à Marseille. Je me souviens avoir commencé à observer autour de moi, à regarder comment les autres étaient habillés. Je repérais les logos, souvent en forme d’animaux : les crocodiles Lacoste, Puma… C’était plutôt streetwear. J’habitais Chutes-Lavie, un quartier populaire collé à la Belle de Mai.


Pensez-vous avoir le costume de l’emploi ?

Je ne cherche pas à l’avoir. Ma priorité, c’est d’avoir du temps pour m’entraîner et évoluer dans la musique. Mais l’image, c’est quelque chose qui me parle. J’ai fait de la peinture pendant des années et ça continue à me stimuler. Les habits, c’est pas si éloigné de la peinture.


Comment choisissez-vous votre costume de scène ?

Je choisis ce que je serais capable de porter dans la vie de tous les jours. Même si aujourd’hui, je commence à avoir envie d’essayer des choses un peu plus audacieuses, funky, mais sans me sentir déguisé. Ça peut être une veste en jean délavé avec une chemise en soie, ou un marcel avec des mocassins Weston, avec un pantalon à pinces ou un survêt. Ou encore des vestes de créateur, avec des matières un peu soyeuses. Un mélange de choses habillées et d'autres plus street.


Quel rapport entretenez-vous avec la mode ?

La mode m’intéresse, comme tout ce qui est visuel, mais je m’intéresse peu au monde de la mode. Comme en tant que musicien, je m’intéresse peu au monde de la musique, et préfère la musique.


Être à la mode, c’est quoi pour vous ?

Disons que c’est très subjectif. Certains looks de Paris, quand tu les mets à Marseille, tu es complètement décalé et tu peux vite te faire mal voir. À l’inverse, quand tu montes à Paris avec un style affûté à Marseille, ça peut passer pour un truc de beauf ! La mode, c’est lié à un lieu, un environnement, une temporalité. Les modes vont et viennent. En portant toute sa vie les mêmes habits, on a peut-être plus de chances d’être à la mode un jour qu’en essayant de la suivre !


“Je commence à avoir envie d’essayer des choses un peu plus audacieuses, funky, mais sans me sentir déguisé.”

Avez-vous déjà retourné votre veste ?

C’est une expression un peu péjorative. Je ne crois pas que j’ai trop trahi pour l’instant, même si – bien sûr – il m’arrive de changer d’avis, comme tout le monde. Par exemple, avec une de mes chansons, Tata. On avait tout fait : enregistré la musique, tourné le clip. Et quelques jours avant la sortie, j’ai décidé de tout annuler pour refaire la musique qui ne convenait pas. C’était la bonne décision. La chanson est beaucoup mieux ainsi.


Avez-vous déjà pris des vestes ?

Ça a dû m’arriver mais peu parce que je ne suis pas quelqu’un de très rentre-dedans (sourire)… Et artistiquement, jusqu’ici, je n’ai pas trop démarché non plus. Les gens sont venus vers moi. J’essaie que ce soit la musique qui génère des rencontres, et pas l’inverse. Toutes les chansons de mon premier album, Premier degré, je les ai d’ailleurs faites tout seul. Donc ça limite le fait de se prendre des râteaux !


Qu’y a-t-il dans votre valise quand vous partez en tournée ?

La base : des habits et une tenue de scène, pas d’objets fétiches ni de grigri. À part mon bouzouki bien sûr, qui est mon instrument fétiche. La chose qui me suit partout même quand je pars en vacances. Je le travaille quotidiennement.


Quel est le comble du chic ?

Les milliardaires qui sont habillés en clochard. Il y en a beaucoup à Paris (rire) !


Votre premier tee-shirt de groupe ?

Un maillot de l’OM. J’ai commencé à m’intéresser au foot avant la musique. Je n’ai pas eu la culture groupes de musique quand j’étais petit. C’est venu à la fin de l’adolescence. D’ailleurs, en tant qu’artiste, je découvre un peu le milieu des festivals, des concerts… Donc mon premier tee-shirt de groupe, c’était celui d’un groupe de foot !


Echonova, Saint-Avé, 14 octobre. VIP, Saint-Nazaire, 15 octobre. Les Saulnières, Le Mans, 19 octobre. Big Band Café, Hérouville Saint Clair, 20 octobre. Festival Ouest Park, Le Havre, 21 octobre. Stereolux, Nantes, 9 novembre. La Nouvelle Vague, Saint-Malo, 11 novembre. Le Sew, Morlaix, 12 novembre.

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