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Julie Dupont, de fil en aiguille



Texte / Julien Coudreuse * Photo / Gildas Raffenel pour Kostar

Publié dans le magazine Kostar n°34 - février-mars 2013


Jeune créatrice en plein boom, attachée à la fabrication traditionnelle de ses objets, Julie Dupont a créé à Rennes un atelier de cuir haut de gamme, prêt à décoller.


Quand on lui demande de retracer son parcours, Julie Dupont, 33 ans, insiste sur deux aspects : elle se sent artisan d’art plus que créatrice d’objets et son métier lui est tombé dessus par hasard. « Même si je ne savais rien faire de mes dix doigts, la couture m’intéressait. Après un bac Arts appliqués, je me suis dirigée vers un BTS modélisme. Je pensais qu’il s’agissait de vêtements, alors que ce cursus était axé sur les chaussures ! C’est à ce moment-là que j’ai commencé à travailler le cuir. »

S’en suivent ses premiers travaux en atelier. Ses dix doigts commencent à comprendre qu’ils aiment ça. Elle intègre un atelier de modélisme en maroquinerie à Paris, puis un autre de luxe, au sein duquel elle s’active pour un certain Karl Lagarfeld et sa ligne Lagarfeld Gallery. Elle passe chez Delsey, puis chez Christian Louboutin, et commence à mettre son grain de sel dans les dessins.


“Je ne suis pas seulement créatrice, j’aime mon métier de maroquinier.”

Elle quitte alors Paris pour s’installer à Rennes. Elle s’équipe et crée son propre atelier afin de ne pas perdre la main. « Pour ma première collection, je n’ai pas vraiment créé. J’ai fait des sacs de formes classiques, avec des couleurs, des finitions à mon goût. Mais c’étaient encore des bébés qui portaient, a minima, ma signature. » Julie délaisse alors l’idée de collection pour se consacrer à l’objet.

Fin 2011, elle crée son fameux Précieux, sac à facettes constitué de deux coques et d’un zip au milieu. Ses modèles ? « En art, l’hyper-réalisme du sculpteur Ron Mueck ; côté (anti-)marque, la démarche expérimentale de Maison Martin Margiela ; et comme créatrice, Olympia Le Tan et ses minaudières faite-mains ».

Son style pourrait se développer à la croisée de ces chemins. « Je ne suis pas seulement créatrice, j’aime mon métier de maroquinier. Même si la création est le domaine où l’on se met le plus en jeu, j’ai vraiment envie de continuer à façonner. »

La tête dans les nuages, les mains et le cœur à l’ouvrage.