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Julien Doré : “J’ai le costume de l’emploi du chanteur des années 70.”


Interview / Matthieu Chauveau * Photo / Goledzinowski Publié dans le magazine Kostar n°54 - février-mars 2017

Vous êtes quelqu'un de stylé, depuis quand faites-vous attention à votre look ?

Depuis que j’ai compris que ça n’allait pas. Au collège, puis au lycée, j’ai fait des tentatives vestimentaires et capillaires peu convaincantes. À un moment, j’ai dû me demander pourquoi je n’avais pas de relations soutenues avec les jeunes femmes de mon âge...


Pensez-vous avoir le costume de l’emploi ?

Je suis un grand fan de Francis Cabrel. Niveau capillaire, j’ai le costume de l’emploi du chanteur des années 70. Il me manque juste la moustache.


Comment choisissez-vous un costume de scène ?

Avec mes musiciens. On porte tous un peu la même chose. Sur la dernière tournée, on était en noir. Là, on réfléchit encore. Mais j’espère que ce qui intéresse le public, c’est d’abord la qualité de notre musique.


Quels rapports entretenez-vous avec la mode ?

Un rapport assez lointain. J’use mes fringues sur plusieurs années mais c’est bien moi qui les achète. La paire de Timberland que je traîne dans le sable, la neige et la boue dans le clip du Lac, c’est vraiment la mienne. Pareil pour la veste militaire avec le loup dans le dos. Je l’ai achetée dans un surplus à 200 mètres de chez moi et j’ai cousu moi-même le loup. On pense qu’il y a une armée de stylistes derrière tout ça mais pas du tout.


“Essayer de trouver des repères pour savoir qui détient le bon et le mauvais goût, c’est d’une stupidité rare. Si on se focalise là-dessus, on passe à côté de l’essentiel.”

Pensez-vous être à la mode ?

Je m’en contrefous. Essayer de trouver des repères pour savoir qui détient le bon et le mauvais goût, c’est d’une stupidité rare. Si on se focalise là-dessus, on passe à côté de l’essentiel.


Être à la mode, c’est quoi pour vous ?

Perdre son temps.


Avez-vous déjà retourné votre veste ?

S’il m’est un jour arrivé de porter une veste réversible, peut-être que oui. Sinon, je pense sincèrement n’avoir jamais retourné ma veste pour quoi que ce soit, ni pour qui que ce soit.


Avez-vous pris des vestes ?

Au collège/ lycée oui, c’est le moins qu’on puisse dire. Et pour quelqu’un de pudique, timide et hypersensible, les années d’éveil au féminin ont été dures. On peut dire que j’ai un bon dressing de ce côté-là.


Qu’y a-t-il dans votre valise quand vous partez en tournée ?

Le truc que j’ai toujours peur d’oublier : un démêlant pour les cheveux. Sinon, mon ordi pour regarder quelques séries – Peaky Blinders, Eastbound & Down – et des films avec Will Ferrell. Quelques bouquins aussi : sur la précédente tournée, plusieurs de Pierre Rabhi.


À qui voudriez-vous tailler un costard ?

Aux climatosceptiques. C’est assez hallucinant qu’on puisse encore ouvertement affirmer que le réchauffement climatique serait un complot.


Quel est le comble du chic ?

Réussir à porter avec dignité des Crocs.


Le comble du mauvais goût ?

Porter des Crocs avec des chaussettes.


Qui a bien pu inventer le verbe s’endimancher ?

Apparemment, un gars qui bossait le dimanche et qui avait une vraie réflexion sur le travail le week-end.


Qui rêveriez-vous de déshabiller ?

Christine Boutin, juste pour le fun. Il y a dans la nudité une façon de s’abandonner qui parfois fait réfléchir sur soi.


Quelle personnalité voudriez-vous relooker ?

Christine Boutin encore. À partir du moment où on a reposé les bases grâce à la nudité, ce serait un beau challenge que d’en faire une nouvelle femme, pleine de vie, de respect de l’autre. On est d’accord qu’on part sur un gros challenge, mais je suis sûr qu’on va y arriver !

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Illustration
© Alexia Moutel

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