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Juliette Armanet : “Je suis à ma mode !”


Interview / Matthieu Chauveau * Photos / Erwan Fichou & Théo Mercier Publié dans le magazine Kostar n°59 - février-mars 2018

Vous êtes quelqu'un de stylée. Depuis quand faites-vous attention à votre look ?

Je ne sais pas exactement… Mais je ne suis pas une obsédée du style, sans doute parce que je suis une grande complexée. J’admire les gens qui osent des folies vestimentaires. Moi, je suis assez sobre, je mets pas mal de noir et jamais de jupe ni de robe. Ça limite déjà pas mal ma garde-robe. J’essaie juste d’être un peu chic et d’avoir une silhouette pas trop pourrie !


Pensez-vous avoir le costume de l’emploi ?

Pas tellement. Je pense qu’il y a des chanteuses qui mettent plus le paquet que moi. Et elles ont bien raison !


Comment choisissez-vous votre costume de scène ?

En fonction du décor que j’ai autour de moi. Là, il est à paillettes, donc je mets des paillettes. Un peu comme si je me faisais une tenue avec les rideaux de mon décor pour être raccord.


Quels rapports entretenez-vous avec la mode ?

Un rapport de curiosité croissant. Longtemps, je n’ai pas été très au fait de ce qui se faisait. J’avoue m’y intéresser de plus en plus, juste parce que ça m’amuse.


Pensez-vous être à la mode ?

Je n’en ai aucune idée. D’ailleurs, ça dépend de quelle mode. Il y a la mode PNL, la mode Brigitte, froufrou… Disons que je suis à ma mode.


“Ça me fascine totalement que tout à coup les gens soient prêts à se mettre un œuf de Pâques sur la tête parce que c’est à la mode.”

Être à la mode, c’est quoi pour vous ?

Une notion très bizarre. Mes parents ont travaillé un peu dans le milieu. Je voyais le même imprimé arriver d’un coup dans toutes les boutiques, avec les vendeurs qui disaient : « le pantalon écossais, c’est le best-seller de la rentrée ». Alors que l’année d’avant, c’était complètement has been. Ça me fascine totalement que tout à coup les gens soient prêts à se mettre un œuf de Pâques sur la tête parce que c’est à la mode. Je trouve ça naïf et tellement drôle.


Avez-vous déjà retourné votre veste ? Mais bien sûr ! Mille fois. Mais toujours du bon côté j’espère... Comme Dutronc.


Avez-vous pris des vestes ? Oh oui, comme tout le monde, à part Cindy Crawford peut-être (sourire). Et de très belles : des longues, des boutonnées, avec de grandes manches, de grands cols.


Qu’y a-t-il dans votre valise quand vous partez en tournée ? Toujours les mêmes trucs : mon pantalon à pinces noir en quatre exemplaires, des cols roulés noirs, des Doc Martens vernies ou mat. C’est assez militaire finalement, mon affaire. J’ai aussi un sweat violet et vert, hyper eighties et d’assez mauvais goût, qui remplit un peu le rôle de doudou pour la tournée. Comme on est pas mal dans les bus, il y a toujours ce besoin d’être confortable.


À qui voudriez-vous tailler un costard ? Là tout de suite, à ceux qui ne comprennent pas le débat sur la révolution féministe. Je ne les citerai pas, ils se reconnaîtront.


“Tout le monde a eu ses bonnes et ses mauvaises périodes… Bon, Céline Dion par exemple, j’ai l’impression qu’elle traverse une mauvaise passe.”

Quel est le comble du chic ? Les dessous chics, comme disait Gainsbourg. Ce bon vieux Gainsbourg… Lui, il en aurait pris des #balancetonporc (rire) ! « Les dessous chics, c’est ne rien dévoiler du tout. Se dire que lorsqu’on est à bout, c’est tabou. »


Le comble du mauvais goût ? Ne pas se rendre compte qu’on a mauvais goût.


Quelle personnalité voudriez-vous relooker ? Tout le monde a eu ses bonnes et ses mauvaises périodes… Bon, Céline Dion par exemple, j’ai l’impression qu’elle traverse une mauvaise passe. Mais elle a eu des moments où elle était super, donc, je ne veux pas être trop dure.


Qui rêveriez-vous de déshabiller ?

Juliette Gréco, parce qu’elle nous le demande depuis 50 ans.



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