Rechercher

La Battue, airs de famille


Texte / Matthieu Chauveau * Photo / Yoann Buffeteau

Publié dans le magazine Kostar n°68 - décembre 2019-janvier 2020


Composé d'un frère, d'une sœur et d'une enfant unique, La Battue chasse sur des terres très convoitées avec son premier EP : celles d'une pop à la fois savante et éminemment catchy.

Des Beach Boys à Oasis, les groupes constitués de fratries ne sont pas rares dans l'histoire de la pop. Cependant, ils sont souvent un état de fait, avant une inévitable séparation pour des projets plus personnels. Les presque trentenaires La Battue suivent le chemin inverse. Ellie James, on la connaissait déjà comme chanteuse-claviériste de Mermonte (ou Bumpkin Island) et Bertrand James, comme batteur de Totorro. Des groupes tout sauf mineurs sur la scène indie pop rennaise. « Avec La Battue, c'est la première fois qu'on joue vraiment ensemble, explique Ellie. Cela va avec l'évolution de notre relation. On s'est longtemps entendu comme chien et chat, mais maintenant on est plutôt fusionnel, en amitié comme en musique. »


“On s'est longtemps entendu comme chien et chat, mais maintenant on est plutôt fusionnel, en amitié comme en musique.”

Est-ce pour – dans le doute – régler les litiges que le duo a recruté un troisième membre en la personne de Yuri Hu, par ailleurs fille unique ? « Il nous fallait une deuxième voix féminine pour les chœurs, et quelqu'un qui joue bien du clavier. Avec Yuri, ça a tout de suite matché, en plus c'est la plus grande technicienne de nous trois. » Repérée au sein de la formation expérimentalo-pop tourangelle YachtClub, Yuri est en effet passée par le Conservatoire quand les deux autres sont diplômés en… génétique et en pétrochimie. « Nos parents, qui travaillent dans la musique, connaissent la dureté du milieu et voulaient qu'on ait une porte de sortie, au cas où », sourit Ellie.

Que papa et maman James se rassurent. De porte de sortie, il ne devrait pas trop y en avoir besoin à en juger par la qualité des morceaux de La Battue. À la fois hyper sophistiqués dans la construction et easy listening dans le rendu, ceux-ci font mouche dès la première écoute, portés par une production impressionnante de précision pour un premier EP autoproduit (Search Party, sorti en mai). Des chansons nées pour la plupart dans la chambre d'Ellie il y a plusieurs années, mais attention, l'atmosphère cotonneuse et solaire qui en émane peut être trompeuse. « Dans mes textes il y a pas mal de second degré, un humour assez pinçant, british. » Qu'on imagine inscrit dans l'ADN de la famille James et qui n'est peut-être pas étranger au choix du nom La Battue, alors que l'ensemble du groupe est végétarien et pas vraiment du genre à passer ses dimanches à la chasse.


labattue.bandcamp.com

Bars en Trans, Chapelle du Conservatoire, Rennes, 7 décembre.

bandeau.jpg

Illustration
© Alexia Moutel

MENU

  • Facebook
  • Instagram