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Lujipeka : “Je capte les tendances mais en gardant mon propre style”



Interview / Matthieu Chauveau * Photo / Jeremy Soma Publié dans le magazine Kostar n°80 - avril-juin 2022



Vous êtes quelqu’un de stylé, depuis quand faites-vous attention à votre look ?

Depuis le collège. J’avais un pote qui avait un grand frère qui m’impressionnait. J’aimais bien comment il s’habillait. Très tôt, je me suis intéressé à des choses assez pointues et ça m’a jamais quitté. Je collectionnais des tee-shirt SixPack, une marque française qui collaborait avec des designers. Même si j’avais pas assez de sous pour en acheter, j’étais à fond sur BAPE ou encore Billionaire Boys Club. Des marques assez liées à la culture graff et rap.


Pensez-vous avoir le costume de l’emploi ?

Plutôt mais l’époque où tous les rappeurs étaient habillés exactement pareil est finie depuis longtemps. Et tant mieux.


Comment choisissez-vous vos costumes de scène ? Par exemple aux dernières Trans Musicales

Il y a une marque que j’aime beaucoup, c’est Acne Studios qui me passe pas mal de vêtements. Pour Les Trans, j’ai choisi chez eux plusieurs tenues, pour en avoir une un peu différente chaque soir. L’idée, c’était d’avoir des fringues que je kiffe et dans lesquelles je me sente à l’aise : chemises extra larges, baskets et jeans très amples.


Quel rapport entretenez-vous avec la mode ?

Je kiffe mais je ne suis pas dans la mode haute couture. J’aime les choses bien taillées, les bonnes matières, sans en faire trop. J’aime bien que les connaisseurs captent mais il faut que ça reste assez sobre.


Pensez-vous être à la mode ?

Pas dans le sens m’habiller comme tout le monde mais je veux pas non plus être à côté de la plaque. Donc je capte les tendances mais en gardant mon propre style, en restant moi-même. C’est le plus important.


Avez-vous déjà retourné votre veste, par exemple quand vous avez quitté Columbine, le groupe qui vous a fait connaître ?

Ça n’avait rien d’une trahison ! La fin de Columbine, c’était vraiment quelque chose d’acté entre nous. Mais avant Columbine, à la base, je faisais surtout des instrus. Je voulais rester dans la production musicale et je disais que je ne rapperais jamais. Finalement, j’ai bien fait de changer d’avis et donc de peut-être retourner ma veste à ce moment-là.


Avez-vous déjà pris des vestes ?

Quand tu te fais recaler par une meuf (sourire) ? Je suis pas très entreprenant donc, en vrai, j’ai pas pris tant de vestes. Si j’y vais, c’est que je suis sûr d’être sur la même longueur d’onde que la personne !


Qu’avez-vous pris dans votre valise pour la tournée de votre premier album Montagnes Russes ?

Des chaussons de la marque The North Face. Ils font aussi un peu “chaussures” avec leurs bonnes semelles, donc c’est hyper confortable et en même temps je peux les mettre dans la rue. Je pense même les mettre sur scène pour cette tournée !


À qui voudriez-vous tailler un costard ?

À Zemmour qui dit des énormités chaque jour.


Quel est le comble du chic ?

Les vêtements bien taillés et sans logo apparent. Je trouve ça parfois vulgaire de trop mettre en avant une marque.


Une réponse surprenante pour un rappeur !

C’est vrai (sourire)… J’ai eu ma période un peu logos ! Ce qui me gêne, c’est que ça fait comme si tu avais quelque chose à prouver. Comme si tu voulais te justifier de pouvoir t’acheter des fringues chères. Le comble du chic, c’est justement de ne pas avoir besoin de le prouver mais qu’on sente quand même que c’est une super marque…


Le comble du mauvais goût ?

Je viens de voir quelqu’un qui portait des chaussures Timberland sans chaussettes et avec un slim.


Votre premier tee-shirt de groupe ?

Justice. J’avais 12-13 ans. Il était grave cool. J’ai pas mal écouté d’electro à une époque, en plus du rap. Un peu comme les Daft Punk, Justice m’a fait comprendre comment on pouvait faire de la musique sur un ordinateur. C’est vraiment ce qui m’a donné envie de composer.


L’Antipode, rennes, 6 avril ; La Carène, Brest, 7 avril ;

Stereolux, Nantes, 8 avril ; Festival Connexions, Centre des Expos, Le Mans, 9 avril ;

Festival Au Foin de la Rue, Saint-Denis-de-Gastines, 1er juillet ; Festival Bobital, 2 juillet ;

Festival Terres du Son, Monts, 10 juillet ;

Francofolies, La Rochelle, 16 juillet ;

Les Vieilles Charrues, Carhaix-Plouguer, 17 juillet.