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Maud Geffray, nos nuits chez Maud


Texte / Arnaud Bénureau * Photo / Alexia Cayre Publié dans le magazine Kostar n°45 - avril-mai 2015


Entre rêve éveillé, found footage, bande originale électronique, clip en costumes et vrai document d’époque, la Nazairienne Maud Geffray réanime chez Pan European, le label de Koudlam, la science des raves.

Décembre 2014, un mail de Maud Scandale : « Je voulais te parler du nouveau projet de Maud Geffray de Scratch Massive. J’aimerais ton avis ;) ». C’est bien après avoir tiré les rois que l’on répondra à la manageuse des Sexy Sushi.

Entre-temps, on aura retourné le 1994 de Maud Geffray dans tous les sens, complètement hypnotisé par ce « geste poétique et personnel ». Avec la drôle de sensation de voir défiler en moins de dix minutes un Blair Witch techno se déroulant dans un no man’s land entre Carnac et Quiberon, entre nuit sans fin et petit matin entre copains. « C’est marrant que vous me parliez de fake, car c’est l’esthétique que j’ai essayée d’appuyer, nous explique Maud Geffray. Cette histoire de Blair Witch n’a pas arrêté de me suivre de façon bizarre. Depuis des années, j’entendais des gens très différents me parler d’un film tourné en Super 8 dans lequel ils me voyaient. Il fallait que je trouve ce trésor. J’ai réussi à choper le nom d’un gars que je ne connaissais pas. Le mec a été très sympa. Je voulais savoir s’il m’autorisait à faire quelque chose de ses images. Comme j’y étais, je me sentais légitime. »


La drôle de sensation de voir défiler en moins de dix minutes un Blair Witch techno se déroulant dans un no man’s land entre Carnac et Quiberon, entre nuit sans fin et petit matin entre copains.

Le mec, c’est Christophe Turpin. Et entre les mains, il avait les images d’une rave, des images qui, sans le savoir, allait devenir un document historique. « Un peu, oui. Car c’est vrai que sur TF1, les raves, c’était des gars en kaki et en transe devant des murs d’enceintes. Alors qu’à l’époque, nous découvrions un nouveau monde, une parenthèse enchantée. » Pour autant, 1994 ne joue pas la carte du c’était mieux avant. « Pas du tout. Je ne voulais pas délivrer un tel message, mais que les gens se prennent une petite tarte. » La tarte est tellement délicieuse que l’on tend l’autre joue. Et nous ne sommes pas les seuls. « Cet objet ayant coûté de l’énergie, du temps, des taxis et des nuits de montage » ne touche pas seulement les érudits de la chose techno. La maman de Maud, rassurée sur la jeunesse de sa fille à l’issue de la projection, résume en quelques mots une pièce musicale sur laquelle nous pourrions disserter des heures : « C’était bon enfant », en fête.


Maud Geffray, 1994, DVD et vinyl (Pan European Recordings) www.facebook.com/1994maudgeffray

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Illustration
© Alexia Moutel

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