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Oxmo Puccino : “Plus que la mode, ce qui m'intéresse c'est le style.”


Interview / Matthieu Chauveau * Photo / Vincent Desailly Publié dans le magazine Kostar n°49 - février-mars 2016


Pensez-vous avoir le costume de l’emploi ?

Absolument pas. J'ai la chance d'être entouré de personnes vraiment attentionnées, sinon je m'habillerais toujours ainsi : pantalon souple, tee-shirt noir et… pieds nus. La tenue idéale pour la Slow Life !


Comment choisissez-vous votre costume de scène ?

Avec une certaine agnès B. J'ai une chance incroyable d'avoir rencontré cette grande dame pour qui j'ai beaucoup de tendresse et d'admiration. Cela fait désormais plusieurs années qu'elle m'habille. J'avais même défilé pour elle aux côtés de Tricky et Rachid Taha. Pour la tournée qui s'annonce, on a beaucoup échangé. agnès et ses équipes sont formidables. Je leur fais une confiance totale.


Quels rapports entretenez-vous avec la mode ?

Plus que la mode, ce qui m'intéresse c'est le style. La mode passe, mais le style, lui, il marque et se remarque. J'aime bien travailler ponctuellement avec des marques pointues développées par la jeune génération. J'ai collaboré avec Bleu de Paname, il y a quelques années, j'ai dessiné pour eux une veste inspirée de la M65. J'ai également dessiné un modèle de basket avec Sawa, une marque 100% africaine. Et plus récemment, j'ai travaillé avec Ozed, une jeune marque qui fabrique des lunettes de soleil en bois. À chaque fois, ce qui m'a motivé, c'est la rencontre humaine, la totale liberté d'action et l’idée de ressortir mon costume d'origine : celui de dessinateur.


“La mode passe, mais le style, lui, il marque et se remarque.”

Pensez-vous être à la mode ?

Je ne suis pas assez synchro pour être à la mode en général. J'aime trop garder les tissus auxquels je tiens, pour des raisons affectives. En même temps, je peux me débarrasser de tout d'un coup de tête.


Avez-vous déjà retourné votre veste ?

Juste le pan, comme dans les films de méchants ! (rires)


Avez-vous déjà pris des vestes ?

Assez pour garder la mienne bien fermée…


Qu’y a-t-il dans votre valise quand vous partez en tournée ?

Autant de vêtements que de jours à passer sur la route. Ensuite, des livres, un ordinateur, ma Tempest, une boîte à rythme incroyable créée par deux génies, Dave Smith et le célèbre Roger Linn, une guitare Martin de voyage et mes carnets de notes pour ne jamais cesser d'écrire !


À qui voudriez-vous tailler un costard ?

Tailler un costard, c'est trop salissant. Et puis, par maladresse, je le ferais trop grand. Plus que perdre mon temps à tailler un costard à quelqu'un, je préfère offrir l'amour sur-mesure à mon public.


Quel est le comble du chic ?

Le "freak".


Et le comble du mauvais goût ?

Parler du prix du vêtement.


Quelle personnalité voudriez-vous relooker ?

Tarzan. Il m'offrirait une liberté totale pour le coup !


Qui a bien pu inventer le verbe s’endimancher ?

Probablement quelqu'un de très jaloux ! Plus sérieusement, c'est un mot que j'aime beaucoup de par l'histoire qu'il y a derrière. C'est un très vieux mot qui évoque les classes populaires en général, qui sortaient leurs plus beaux habits le dimanche. Ils étaient victimes des railleries des nobles et des bourgeois qui marquaient ainsi avant tout leur appréhension de partager leurs privilèges, comme si le "bien s'habiller" leur appartenait.


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Illustration
© Alexia Moutel

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