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René Martin, interview recto/verso



Interview / Patrick Thibault * Photos / Tangui Jossic pour Kostar Publié dans le magazine Kostar n°64 - février-mars 2019


Interview recto

Quelles sont les surprises de La Folle Journée 2019 ?

Le Pari des bretelles avec Félicien Brut, très original. Le programme Carnets de voyage autour du guitariste Emmanuel Rossfelder. Quatre poèmes hindous de Maurice Delage. Folk songs de Luciano Berio…

Votre coup de cœur ?

Le concert de clôture, un condensé de la richesse du thème avec des œuvres grand public et d’autres plus austères. Il réunit une pléiade de jeunes artistes.

N’avez-vous pas l’impression de tirer sur le fil avec une 2e Folle Journée consacrée au voyage ?

Non. L’an passé, c’était l’exil subi et cette année, c’est l’exil choisi. Depuis la Renaissance jusqu’à aujourd’hui, c’est fascinant comme le voyage a intéressé les compositeurs.

En quoi La Folle Journée a-t-elle été novatrice ?

Elle a redonné confiance au milieu classique. On pense encore que la musique classique est moribonde et que les disques ne se vendent pas. La folle Journée a démontré le contraire. Nous avons réussi à faire venir un large public qui se sentait écarté.

Imaginiez-vous aller si loin en 1995 ?

J’avais l’intuition que c’était novateur mais, dans mon idée, c’était un événement national, une fois par an en France. Or, elle a eu une vraie résonnance internationale.

Combien de Folles Journées dans le monde en 2019 ?

Cinq : Bilbao, Tokyo, Ekaterinbourg, Varsovie et Nantes.

Comment faites-vous pour être à Nantes, au Japon, à Varsovie, à La Roque d’Anthéron ou au Mont-Saint-Michel ? C’est beaucoup de travail mais je passe les trois quarts de mon temps dans mon bureau. Je suis organisé et j’essaie d’être le plus efficace possible en voyage.

De quoi êtes-vous le plus fier ?

De La Roque d’Anthéron. C’est mon premier festival et il est toujours le carrefour du piano.




Interview verso

Que dites-vous à ceux qui ne viennent pas à La Folle Journée parce qu’ils la jugent trop classique ?

Le classique est une source d’inspiration qui nourrit l’imaginaire de toutes les musiques. Les artistes de jazz et de rock citent souvent Debussy, les vraies racines sont là. Ça demande plus de concentration mais c’est aussi accessible et d’une richesse inouïe.

Vous étiez rockeur, qui écoutez-vous encore comme autre musique ?

Je suis toujours fasciné par Arcade Fire ou Radiohead. Là, je viens de découvrir des chanteuses : Aldous Harding, Mercury Rev et Hope Sandoval (Big Boss Man).

Peut-on encore surprendre à la 25e édition ?

Plus que jamais. J’ai un matériau d’une richesse inouï. On va découvrir des œuvres qu’on n’imaginait même pas : Tansman, des œuvres jamais jouées de Saint-Saëns…

De quoi êtes-vous le moins fier ?

D’avoir écouté des artistes et ne pas avoir mesuré leur réel talent. J’attends parfois quelques années pour m’en apercevoir.

Savez-vous ce que vos détracteurs vous reprochent le plus ?

L’appétit d’organiser. Mais je n’ai jamais l’impression d’en faire trop.

Certains disent que ce sont toujours les mêmes artistes…

Tous les 3-4 ans, il y a presque 60 % de nouveauté complète. Regardez Cannes, si Almodovar ou Terrence Malick sortent un film, ils y sont. Il me faut des incontournables. Berezovsky, c’est un honneur. Nicholas Angelich c’est un dieu. Si je pouvais l’avoir à chaque fois, je le ferais. Je mets toujours en avant les jeunes : Diana Tishchenko, Anastasia Kobekina, Pablo Ferrandez.

La Folle Journée jusqu’à quand ?

Tant que je serai en pleine forme. Je me ménage, je marche beaucoup. Après, d’autres prendront la relève.

À quand un retour des compositeurs ? En 2020 : Beethoven pour le 250e anniversaire de sa naissance. La planète va résonner Beethoven mais nous avons la chance d’être en janvier. Je veux montrer à quel point il a influencé tous les compositeurs des 19e et 20e. C’est le plus adulé, il est universel.


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