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Seth Gueko, interview recto/verso



Interview / Arnaud Bénureau * Photos / Thomas Doré pour Kostar Publié dans le magazine Kostar n°38 - décembre 2013-janvier2014


Interview recto

Pourquoi aimez-vous autant la langue française ?

Elle est riche, vivante et évolue dans la rue. C’est un dictionnaire en mouvement dans lequel je pioche pour rendre ludique ma musique. En règle générale, j’ai l’amour des mots que je tords et je déforme pour créer de petites énigmes. Je fais un rap imagé et un peu complexe, à l’inverse de la musique pré-mâchée d’aujourd’hui.


Avec Shalom Salam Salut, vous faisiez un clin d’œil au Salut à toi des Bérus. Seriez-vous donc davantage punk que rappeur ?

On va dire que je suis un rappeur avec une âme rock’n’roll.


Votre définition du rap ?

Un ramassis de faux-jetons !


La punchline dont vous êtes le plus fier ?

Je ne suis pas mécontent de mon « je vais me tatouer love sur les phalanges pour te frapper avec amour ». C’est une image percutante, donc une punchline. Après, pas la peine de lâcher Les Chiennes de Garde, car il ne faut rien y voir d’autre que le sens de la formule.


Finalement, vous êtes un gentil ?

C’est certain que je suis plus un gentil qu’un mec avec un mauvais fond.




Interview verso

Booba et la chatte à Mc Doom. Vous et La Chatte à Mireille. Qu’est-ce que vous avez tous avec les chattes ?

C’est tout simple, j’aime bien les chats. C’est mon côté 30 millions d’amis. C’est mon côté Mabrouk.


Sur votre dernier album, Bad Cowboy, le temps d’un interlude, vous invitez Jean-Marie Bigard. N’y allez-vous pas un peu fort dans le côté franchouillard ?

Ah non ! Bigard, c’est le summum des blagues de tontons. C’est aussi pour expliquer aux gens que je ne suis pas plus vulgaire qu’un Bigard qui remplit le Stade de France.


Au lieu du rap, Skyrock aurait-elle mieux fait de tuer qui d’autre ?

Justin Bieber.


La punchline dont vous avez le plus honte ?

Aucune. Elles ont toutes été longtemps travaillées dans mon cerveau avant que je ne les couche sur papier. Et sachez que je n’ai honte de rien.


Vous passez votre temps en Thaïlande. Est-ce pour échapper au fisc ?

Non, j’adore ce pays. Là-bas, il y a ma femme et mon fils. Et n’hésitez pas à venir dans mon bar, vous y serez bien accueilli.