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Tahar Rahim, interview recto/verso



Interview / Arnaud Bénureau * Photos / Tangui Jossic pour Kostar Publié dans le magazine Kostar n°37 - octobre-novembre 2013


Interview recto


Sans Un prophète où seriez-vous aujourd’hui ?

Je ne peux pas imaginer ma vie sans Un prophète. Je serais probablement en train de continuer les castings. En tous les cas, il est évident que je n’en serais pas là aujourd’hui.


Votre César du meilleur espoir masculin, où est-il ? Depuis peu, sur l’étagère de mon bureau. Car maintenant, j’ai un bureau.


Votre rêve ultime de comédien ?

Pouvoir tourner avec les réalisateurs de tous les pays du monde quand je veux.


Meilleur acteur de sa génération, qu’est-ce que cela signifie ?

Très franchement, je n’en sais rien. C’est ce que les gens disent. Moi, je veux simplement donner le meilleur de moi-même sur chaque film.


L’action de Grand Central se déroule dans une centrale. Pour ou contre le nucléaire ?

Contre.



Interview verso


Que l’on revienne sans arrêt sur Un prophète, cela ne vous agace-t-il pas ?

À une période, ça me gavait. Comme si toute ma vie, on allait me parler que du Audiard. Comme si j’étais le comédien d’un film. Merde. Mais maintenant, c’est cool.


En tournant Love and Bruises sous la direction du réalisateur chinois Lou Ye, vouliez-vous vous la jouer arty ?

Non, le mec m’a intéressé et son cinéma m’a plû. Après, j’ai aimé l’idée de tourner à l’étranger. Il y avait un côté en route pour l’aventure qui me plaisait.


C’est quoi cette coupe de cheveux ?

C’est une vraie galère. Je n’ai pas le droit de me les couper. Je suis donc obligé de mettre un élastique ou un chapeau ; sinon je ressemble à Screech de Sauvés par le gong.


Avez-vous simplement envisagé L’Aigle de la Neuvième Légion comme votre ticket d’entrée à Hollywood ?

C’était effectivement le meilleur moyen pour tenter l’expérience américaine. Mais il y avait aussi le challenge à relever : être peint en vert et parler une langue morte sur les hauteurs de l’Écosse.


La France black blanc beur de 98 n’était-elle finalement pas une arnaque ?

J’ai du mal à m’exprimer sur la politique. C’est toujours récupéré et foireux. Mais il ne faut pas se mentir : le tous unis et tout fonctionne main dans la main, ce n’est pas ça aujourd’hui.