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Une ville ailleurs : Athènes



Texte et photos / Vincent Braud et Patrick Thibault Publié dans le magazine Kostar n°66 - été 2019



C’est l’autre ville éternelle. La capitale grecque vaut beaucoup mieux qu’une simple escale entre deux ferries pour les Cyclades. Athènes est “la” ville où il faut se poser. Histoire d’aller au delà des clichés.


Il n’y a pas si longtemps, de méchantes langues faisaient encore rimer Parthénon et pollution. Il va falloir revoir ses fiches : les JO, c’était en 2004 et, depuis, tramway et métro ont contribué à soulager la ville d’embouteillages quasi permanents. De même que la ville ne se résume pas aux vieilles pierres et au quartier touristique de Plaka.

Si Athènes n’a rien d’une ville musée, elle n’en reste pas moins une page d’Histoire à ciel ouvert. Il faut, bien sûr, grimper sur l’Acropole. À la fois citadelle et sanctuaire religieux, elle regroupe quelques-uns des plus prestigieux vestiges de l’Antiquité et offre, sur la ville, un panorama unique. Pour y être (presque) au calme, il vaut mieux se lever tôt et ne pas attendre le rush des groupes de touristes qui vous piétineraient pour un selfie devant les Cariathides.


L’ouverture du musée a redonné vie et espoir au quartier qui bénéficie de nombreuses adresses prisées.

Ensuite, on redescend à pied jusqu’au nouveau musée de l’Acropole. Un bâtiment impressionnant mais élégant, construit sur pilotis où, là encore, vous précéderez les touristes qui viendront en masse un peu plus tard. Signé du Suisse Bernard Tschumi et du Grec Michael Photiadis, le musée jouit d’importants volumes et laisse entrer la lumière au maximum. Dans une muséographie résolument contemporaine, on a la possibilité d’apprécier chacune des statues. Le dernier étage reprend les frises du Parthénon, dans l’attente de l’hypothétique retour de Londres des originaux. L’ouverture du musée a redonné vie et espoir au quartier qui bénéficie de nombreuses adresses prisées.

À toute heure du jour (et même de la nuit), les Athéniens aiment se retrouver du côté de la place Syntagma et de sa fontaine. Tramway ou métro, vous avez le choix. Face à l’imposant bâtiment du Parlement, ancien palais royal, on peut profiter de nombreuses terrasses alentour en grignotant un koulouris ou même prendre le thé dans un salon du très chic Hôtel Grande Bretagne. Agréable aussi de prendre le frais dans le jardin national, juste au-dessus, avant d’aller au musée Benaki. Cette belle demeure d’un (très) riche collectionneur abrite près de 2000 ans d’Histoire grecque. Si une restauration serait bienvenue, son café, en terrasse, offre une jolie vue sur la ville.


En ce début de XXIe siècle et malgré la crise dont toute l’Europe a fait des gorges chaudes, Athènes affiche une incroyable vitalité.

La fondation Benaki a ouvert un nouveau musée dédié aux expositions temporaires d’art contemporain à proximité du quartier de Gazi. Gazi ? En quelques années, il est devenu le quartier branché d’Athènes. Le symbole en est une ancienne usine à gaz reconvertie en centre culturel plus ou moins alternatif. Tout autour, de nombreux bars et restaurants ont fleuri et c’est clairement le quartier de la fête à Athènes où il faut jouer des coudes le week-end.

En ce début de XXIe siècle et malgré la crise dont toute l’Europe a fait des gorges chaudes, Athènes affiche une incroyable vitalité. Et la culture contribue étonnamment à cette résurrection. À l’écart des circuits touristiques, on a ainsi ouvert officiellement en 2016, dans une ancienne brasserie, un magnifique musée d’art contemporain. Un superbe espace temporairement fermé pour… une durée indéterminée. Et puis, en direction du Pirée, il ne faut pas manquer le tout nouveau centre culturel de la Fondation Niarchos : un ensemble impressionnant, imaginé par Renzo Piano, regroupant le nouvel opéra et l’une des plus belles bibliothèques au monde. Avec ses jardins qui recouvrent l’ensemble, l’endroit – qui offre également une jolie vue sur les installations olympiques – est devenu un lieu de promenade favori des familles athéniennes.


Des collectifs se sont emparés des friches, une économie parallèle est née.


En regard de cette modernité triomphante comme un pied de nez à la crise, le quartier d’Exarchia préfère assumer sa différence. Quartier anarchiste aux allures de village, fief des émeutes de 2008, à deux pas du musée d’archéologie, Exarchia continue de défendre l’altérité et le vivre ensemble. Dans ce quartier tagué jusqu’à plus soif, le street art est roi et il fait bon flâner dans les bars ou partager un plat en terrasse au milieu des rues piétonnes. Des collectifs se sont emparés des friches, une économie parallèle est née mais le tourisme finit par gangréner le quartier qui se gentrifie peu à peu. Alors, on jette un œil attentif aux quartiers qui ne manqueront pas de faire émerger ici ou là des initiatives citoyennes nées de la crise comme à Kypseli où migrants et Athéniens un peu paumés tentent de s’organiser. Athènes l’éternelle ne se résignera pas. C’est là qu’est née la démocratie, il y a… plus de 2000 ans !


Y aller

Plusieurs vols directs (avec Transavia) au départ de Nantes. Aux environs de 200 € aller/retour, selon période. On peut aussi prendre son temps et opter pour un ferry au départ de Brindisi. Du sud de l’Italie à Patras, comptez une quinzaine d’heures.


Y séjourner

Le plus simple, sans être forcément le plus cher, est de séjourner à proximité de l’Acropole. Il sera ensuite facile de circuler à pied, ou de prendre tram ou métro. Le très design (et récent) B4B offre une somptueuse terrasse avec vue sur l’Acropole. Aux environs de 150 € la nuit. Un peu plus loin et un peu moins cher, le Central Athens Hotel. On trouve également nombre d’hôtels très corrects pour 80 €.


S'y restaurer

Pas de souci, ici, pour grignoter à toute heure. Même au milieu de la nuit, les fast food à la grecque vous proposent tzatziki, souvlakis ou gyros à des prix souvent incroyables. On peut éviter l’enfilade de restaurants, au pied de l’Acropole, où l’on vous tend la carte d’une main et une chaise de l’autre. Ambiance quartier latin parisien. Tout près, offrez-vous plutôt un dîner en amoureux, sur la terrasse ou l’un des balcons du… Balcony. Une table qui mérite bien son nom pour son cadre et la cuisine grecque moderne qui y est servie. Dépaysement garanti également, dans le quartier de Gazi : A little taste of home et son tout jeune chef proposent une cuisine de très bon aloi, en salle ou dans le petit jardin. Enfin, comment céder à la tentation de faire une pause sur la terrasse du musée de l’Acropole  en sirotant un café… grec bien entendu ?

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