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Vincent Macaigne, interview recto/verso

Interview et photos / Matthieu Chauveau pour Kostar Publié dans le magazine Kostar n°58 - décembre 2017-janvier 2018


Interview recto


Au cinéma comme au théâtre, votre actualité est riche. Seriez-vous, en réalité, un gros bosseur ?

C’est une question qu’on me pose souvent (sourire). J’aime bien travailler mais je ne le vis pas comme un travail. En ce moment, je suis très actif, c’est vrai… Un moment qui dure depuis 10 ans !

Votre film Pour le réconfort a été tourné en 2013. Pourquoi un montage aussi long ?

Quand j’ai tourné, je m’étais dit que j’en ferais une sorte de labo. J’ai presque réécrit le film au montage. Bizarrement, cela m’a pris beaucoup de temps pour faire un film qui a l’air brut, simple.

Films d’auteur ou films grand public ?

Je ne me pose pas la question. Le sens de la fête était une super aventure. Ce qui change par rapport à d’autres films plus indépendants c’est, pour être un peu vulgaire, le salaire et la cantine. Mais Nakache et Toledano ont une vraie exigence dans leur travail.

Cinéma ou théâtre ?

En tant qu’acteur, je préfère vraiment le cinéma. Au théâtre, la prise de parole est très autoritaire. Alors qu’au cinéma, j’ai l’impression de pouvoir tenter plus de choses.

Vous êtes artiste associé au TNB. Heureux ?

Très. Arthur Nauzyciel, le directeur, a toujours été présent au moment où il me fallait de l’aide pour mes projets. J’espère créer des choses sur le terrain à Rennes : intervenir auprès d’élèves, faire des coprod’ avec le TNB.

Dans votre film comme dans vos pièces, le désenchantement de la jeunesse semble une obsession…

Je préfère parler d’un rêve cassé. Ça a rapport à la France et à l’héroïsme. Comment agir et prendre en main un territoire ? Je suis d’origine iranienne et j’ai grandi avec l’idée de révolution, de résistance.


Interview verso


Vos pièces sont souvent très longues. Savez-vous faire court ?

Elles ne le sont pas toutes et, sincèrement, ce ne sont pas des pièces chiantes. Je ne supporte pas l’ennui. Je suis comme un enfant de 6 ans. Mes spectacles vont vite. C’est la fête, un moment de vie. Je travaille sur la longueur mais pas sur l’ennui.

Vos pièces divisent souvent, savez-vous pourquoi ?

Ce n’est pas si vrai ! Ça vient d’Arnaud Laporte de France Culture et d’Armelle Héliot du Figaro, qui me haïssent virulemment. Mais je ne suis pas mécontent de ne pas être aimé par ces deux-là. Politiquement, je ne suis pas sûr d’être d’accord avec eux.


Ne versez-vous pas parfois dans la provoc pour la provoc ?

Ce n’est pas de la provoc que de distribuer de la bière pendant mes spectacles ! C’est une soirée, donc on reçoit les gens. On distribue aussi des boules Quies parce que, légalement, on est obligé. Je suis tellement contrôlé que des policiers en civil viennent parfois…


Vous aimez invectiver le spectateur. La scène ne suffit pas ?

J’aime bien mettre le spectateur dans une insécurité, qu’il ne sache pas ce qui peut arriver. C’est parce qu’il ne le sait pas qu’il est pris dans l’action. Un peu comme dans un film d’Hitchcock. Quand il y a du danger, ça réveille le spectateur.

Entre vos rôles de loser mélancolique au cinéma et votre théâtre révolté, vous vous y retrouvez ?

Je suis plutôt révolté dans la vie et assez speed… Après, je rentre dans l’énergie qu’on me demande d’avoir. Mais attention, les films de Guillaume Brac, par exemple, ont une très grande violence même si elle est souterraine.

Pour un révolté, vous n’hésitez pas à tourner dans Le sens de la fête, film somme toute assez « en marche ».

Je ne suis pas d’accord. Le jeu du film, c’est que tout le monde se réunisse à la fin. C’est le genre qui veut ça : une sorte de happy end, comme il y avait des Deus ex machina chez Molière. C’est pour faire plaisir, comme un bonbon.

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